La surveillance des élections au Honduras

En 2009, le président démocratiquement élu du Honduras, Manuel Zelaya, a été destitué par les élites militaires et politiques qui se sont emparées du pouvoir. Cette rupture de la gouvernance démocratique a ramené le Honduras des décennies en arrière et il est aujourd’hui l’un des pays les plus inégalitaires de la région.

En novembre 2013, le SCFP s’est joint à une délégation composée de représentants d’organisations syndicales et de groupes commu­nautaires, d’universitaires et d’un ancien chef des Premières Nations Algonquines Ardoch. Sous la direction de Common Frontiers, la délégation était au Honduras à titre officiel pour observer les élections. Ses membres se sont rendus dans différentes régions du pays pour visiter des communautés et rencontrer des groupes qui ressentent les effets négatifs des investissements canadiens.

Comme par le passé, les élections ont été entâchées par la violence étatique, les violations des droits fondamentaux, l’intimidation et la fraude. La plupart des observateurs indépendants ont condamné ces élections et plusieurs partis politiques ont rejeté les résultats du scrutin. Mais malgré toutes ces irrégularités, ces élections sont historiques parce que, pour la première fois depuis des décennies, elles ont brisé le monopole exercé par deux partis, le Parti national et le Parti libéral. Des partis progressistes comme LIBRE étaient en effet sur les rangs.

Le gouvernement canadien refuse de tenir le gouvernement du Honduras responsable des violations des droits fondamentaux au Honduras. Il a plutôt profité de la détérioration des conditions pour encourager les investissements canadiens. Dans les maquilas, de grandes entreprises comme Gildan Activewear continuent à engranger d’immenses profits grâce aux piètres lois du travail et aux pratiques inacceptables, comme le congédiement de travailleuses souffrant de blessures subies au travail.

Le Honduras est actuellement aux prises avec la corruption, la pauvreté, la violence étatique et la militarisation. Les investissements des grandes entreprises et les accords de libre-échange ont entraîné la suppression des droits fondamentaux, des droits syndicaux et de la démocratie.

Kalpona Akter en tournée au Canada

Kalpona Akter avait 12 ans lorsqu’elle a commencé à travailler dans l’industrie du vêtement. À 16 ans, elle a été congédiée parce qu’elle a tenté de syndiquer les travailleuses de son usine. En 2001, Mme Akter a co-fondé le Centre de solidarité des travailleurs du Bangladesh (BCWS), un organisme qui offre une formation en droits syndicaux et en leadership aux travailleuses du vêtement.

Après l’effondrement de l’édifice de la Rana Plaza, au Bangladesh, où 1200 travailleuses et travailleurs du vêtement ont perdu la vie, Mme Akter a été invitée par le SCFP, le Réseau de solidarité des maquilas (MSN) et l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) à venir au Canada, du 24 novembre au 6 décembre 2013. La tournée visait à dénoncer les entreprises canadiennes qui profitent de l’exploitation et des mauvaises conditions de travail au Bangladesh. La tournée visait aussi à obtenir des appuis à la cause des travailleuses et travailleurs du vêtement.

Le BCWS est l’une des plus importantes organisations de défense des droits des travailleurs du Bangladesh. Elle a été fondée en 2001 par un groupe d’anciennes travailleuses du vêtement qui voulaient changer les conditions de travail déplorables imposées aux femmes dans cette industrie. Le mouvement international de défense des droits du travail, tout comme les entreprises multinationales du secteur du vêtement, considèrent le Centre comme l’une des organisations de travail les plus efficaces qui soient au Bangladesh.

Pendant son séjour au Canada, Mme Akter a pu sensibiliser les membres des syndicats et l’ensemble de la population à la situation des travailleuses et travailleurs du vêtement et ainsi accroître la pression exercée sur les entreprises canadiennes impliquées dans l’effondrement de l’édifice de la Rana Plaza afin qu’elles indemnisent les victimes.

Le BCWS a offert son soutien aux victimes du désastre de la Rana Plaza. Il fait pression sur les entreprises et les détaillants pour qu’ils signent l’Accord sur les incendies et sur la sécurité des édifices au Bangladesh. Le SCFP et ses alliés se sont engagés à poursuivre le travail amorcé avec Mme Akter pendant son séjour au Canada.