Les travailleuses et travailleurs de la santé représentés par le SCFP se sont rassemblés aujourd’hui devant le bureau du député progressiste-conservateur Neil Lumsden à Hamilton pour protester contre les coupes budgétaires imposées par le gouvernement provincial.

Selon l’analyse qu’a faite le SCFP de l’énoncé économique d’automne du gouvernement de l’Ontario, la province entend réduire le financement hospitalier de 10 % en chiffres absolus d’ici 2027-2028, alors que les dépenses projetées ne couvrent même pas les 6 % du taux d’inflation annuel des hôpitaux.    

Les conséquences de ces restrictions budgétaires se font déjà sentir sur le personnel et les patient(e)s des hôpitaux de l’Ontario, où les déficits obligent à réduire les soins et à supprimer des centaines d’emplois à North Bay, Hamilton, Ottawa, Niagara et dans la région du Grand Toronto.

« Ce gouvernement avait pourtant promis de mettre fin à la médecine de couloir et aux listes d’attente pour les interventions chirurgicales. Sur les 200 000 personnes qui attendent leur tour, 73 000 ont déjà dépassé le délai cliniquement recommandé. Et pour ce qui est des 2 000 autres qui croupissent sur des civières en attendant une chambre, le gouvernement a tout simplement décidé de ne plus les comptabiliser », s’est offusqué Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP), qui représente 45 000 travailleuses et travailleurs de la santé. « Le plan de financement du gouvernement progressiste-conservateur, qui s’étend jusqu’en 2027-2028, aura des conséquences désastreuses pour de nombreuses personnes ayant besoin de soins hospitaliers en Ontario. »

À Hamilton, environ 580 membres du personnel infirmier et préposé(e)s aux soins personnels pourraient perdre leur emploi dans le système de santé. Si le gouvernement ne rehausse pas le financement, le SCFP estime que les hôpitaux d’Hamilton perdront près de 160 lits d’ici 2027-2028. Ces estimations sont fondées sur les projections du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario.

« Les soins prodigués dans nos hôpitaux ne sont pas à la hauteur de nos patient(e)s. Malgré leur intention de fournir les meilleurs soins possibles, les travailleuses et travailleurs de la santé sont au bout du rouleau. On doit les soutenir davantage avec des équipes assez nombreuses, des charges de travail raisonnables et un financement hospitalier suffisant », soutient Sharon Richer, secrétaire-trésorière du CSHO-SCFP.

Le syndicat recommande au gouvernement provincial de prendre les mesures suivantes :

  • À court terme, ajouter 6 200 lits pour sortir les patient(e)s du couloir, tenir compte du vieillissement et de la croissance de la population et résorber le retard accumulé dans les listes d’attente des chirurgies.
      
  • Augmenter le financement de base des hôpitaux de 3,2 milliards de dollars pour combler les déficits et embaucher du personnel supplémentaire.
      
  • Financer les hôpitaux en fonction des coûts réels (hausse de 6 % par année) avec un engagement de financement pluriannuel.