Le SCFP-Alberta condamne la récente annonce de la première ministre Danielle Smith : son référendum anti-immigration pourrait rendre l’exercice du vote plus difficile pour les Albertain(e)s.

« Elle devrait retourner travailler sur les dossiers qui importent réellement à la population de l’Alberta », a clamé Raj Uppal, présidente du SCFP-Alberta. « Nous vivons de vraies crises, autant dans les hôpitaux et les écoles qu’avec le coût de la vie et les emplois. Au lieu de prendre responsabilité pour les problèmes que son gouvernement a causés pendant les six dernières années, la première ministre essaie de faire porter la faute à l’immigration et de diviser notre province. »

Danielle Smith propose de resserrer la vérification de l’identité lors des élections, même si les données publiques ne recensent que sept cas de fraude électorale depuis 2013 en Alberta. Le syndicat dénonce cette tentative évidente de miner la confiance envers le processus électoral, de restreindre la participation au vote et de susciter la méfiance envers les immigrant(e)s.

« La fraude électorale n’est pas un problème en Alberta, point à la ligne, a assené Raj Uppal. Changer les règles de la démocratie pour régler un problème inventé, ça ne se fait pas. »

Mark Hancock, président national du SCFP, a sonné l’alarme concernant l’importation des tactiques de désinformation des États-Unis : « Il ne faut pas imiter les pires politiques états-uniennes. La fabrication de guerres culturelles, les campagnes de peur sur l’immigration et l’oppression violente ne font que déchirer les communautés, comme nous le constatons au sud de la frontière. Nos membres et nos communautés méritent mieux. »

De plus, le SCFP dénonce vertement le ton anti-immigration des questions proposées pour le référendum.

« Les immigrant(e)s sont nos collègues, nos voisin(e)s, des membres essentiels de nos communautés », a fait valoir Candace Rennick, secrétaire-trésorière nationale du SCFP. « Ces personnes travaillent dans nos hôpitaux, nos écoles, nos municipalités et nos services sociaux. Elles sont l’épine dorsale de notre économie. En faire des boucs émissaires n’aidera en rien la surpopulation des classes ou les temps d’attente aux urgences. Ce qu’il faut, c’est financer adéquatement les services publics. »

Le syndicat demande des élections pour que la population puisse se prononcer réellement sur l’administration de la province.

« Si la première ministre croit réellement en sa proposition, elle devrait déclencher des élections, a affirmé Raj Uppal. Les Albertain(e)s méritent de voter sur l’avenir de leurs systèmes de santé et d’éducation et sur le type de province où ils et elles veulent vivre, plutôt que de se voir imposer un référendum tordu et raciste, conçu pour détourner l’attention des échecs du gouvernement. »