Le secteur du transport aérien est en perpétuel mouvement et les membres du SCFP sont en première ligne de ces changements. Qu’il s’agisse de négociations collectives ardues, de conditions de travail précaires, de sécurité en vol ou d’autres enjeux liés à la santé et à la sécurité au travail, la Division du transport aérien du SCFP demeure mobilisée et solidaire.
De nombreux gains ont récemment été obtenus par le SCFP, mais il reste plusieurs défis à surmonter pour ses 20 000 membres provenant de onze compagnies aériennes canadiennes.
Une nouvelle ère chez Porter Airlines
En août dernier, le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) a approuvé la demande d’accréditation déposée par le SCFP pour représenter les quelque 1200 agent(e)s de bord de Porter Airlines.
Des élections ont ensuite eu lieu, à l’automne, pour élire l’exécutif du SCFP 4061.
« Je suis très fière de mes collègues qui ont travaillé sans relâche pour obtenir cette victoire », a déclaré Sarah Seal, présidente de la section locale qui représente le personnel de cabine de Porter Airlines. « On a hâte d’entamer ce nouveau chapitre et d’améliorer nos conditions de travail et nos salaires, alors que Porter continue de croître et de prospérer. »
Fraîchement élu(e)s, les représentant(e)s ont déjà pris part à différentes formations offertes par le SCFP et se préparent maintenant à franchir une étape historique : amorcer la négociation de leur toute première convention collective.
Un automne occupé chez WestJet
L’automne dernier était bien rempli pour les 5000 membres du SCFP 8125, la section locale représentant les agent(e)s de bord de WestJet. Après avoir participé à une mobilisation marquante sur la Colline du Parlement pour dénoncer le travail non payé, l’exécutif de la section locale a entamé les négociations en vue du renouvellement de la convention collective arrivée à échéance le 31 décembre 2025.
Parallèlement, une toute nouvelle campagne a été lancée pour mettre en lumière les conditions de travail du personnel de cabine chez WestJet. Intitulée Plus pour moins, cette initiative invite le public à rappeler à WestJet ce que les membres de la Division du transport aérien du SCFP martèlent depuis des années : le travail non payé est tout simplement inacceptable.
« Les agent(e)s de bord de WestJet jouent un rôle essentiel dans la sécurité et le confort des passagères et passagers, mais ne sont pas payé(e)s équitablement pour leur temps de travail », a affirmé Alia Hussain, présidente du SCFP 8125. « Cette campagne vise à s’assurer que nos membres et notre métier soient traités avec respect, justice et dignité. »
Soutenez la campagne : plus-pour-moins.ca/
Grève chez Pascan Aviation
Le 28 octobre dernier, le SCFP 5490 représentant les 21 agent(e)s de bord chez Pascan Aviation a déposé un avis de grève. La convention collective conclue avec la compagnie active au Québec et dans les provinces de l’Est est échue depuis le 18 juillet 2025. Les principaux enjeux portent sur les salaires, l’hébergement hors base, les affectations et la planification des équipages.
Lors de sa deuxième journée de grève, le syndicat a appris que Pascan Aviation n’avait jamais eu l’intention de négocier de bonne foi. Dès avril 2025, la compagnie aérienne aurait approché certaines personnes pour leur proposer de remplacer les agent(e)s de bord en cas de grève.
Depuis le début de la grève, des pilotes et du personnel administratif ont effectué des vols en remplacement du personnel de cabine, après seulement deux jours de formation au lieu de la formation complète d’agent(e) de bord qui s’échelonne sur plusieurs semaines et qui permet de maîtriser les multiples procédures d’urgence complexes. Cette pratique est non seulement dangereuse pour le personnel et les passagères et passagers, mais aussi interdite depuis l’adoption de la loi fédérale anti-briseurs de grève.
« Nous déplorons que l’entreprise ne désire pas donner une chance réelle aux pourparlers. Au moment où nous travaillions sur nos négociations et avant même d’avoir déposé notre cahier de demandes, l’entreprise cherchait déjà des personnes pour nous remplacer », a souligné Jessé Vigneault, président du SCFP 5490.
Licenciements chez Canadian North
En novembre 2025, la direction de Canadian North a annoncé le licenciement de 13 membres du personnel de cabine. Le SCFP 8111, qui représente les 196 agent(e)s de bord de la compagnie, avait pourtant présenté plusieurs solutions, notamment des horaires réduits ou des programmes de retraite bonifiée, pour éviter ces pertes d’emploi à l’approche de la période des fêtes.
Malgré ces propositions constructives, la direction a choisi de faire la sourde oreille, tournant le dos à des options qui auraient permis de protéger les emplois tout en respectant les besoins opérationnels de la compagnie.
Canadian North dessert 24 communautés du Grand Nord, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest, via Ottawa et Edmonton, et offre des vols nolisés dans le nord de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.
« Nos membres adorent leur travail, le Nord et la clientèle desservie. La perte des liens sincères que nos membres ont tissés avec les communautés et les voyageuses et voyageurs est une autre conséquence dévastatrice des éventuels licenciements », a déploré la présidente du SCFP 8111, Isabelle Paquette.
Après leur grève historique, les membres de la Composante d’Air Canada ont lancé une campagne en novembre 2025 concernant la qualité de l’air à bord des avions. Les incidents en matière d’émanations toxiques constituent un problème considérable pour les membres d’équipage.
Lorsqu’un avion vole à une altitude supérieure à 8000 pieds (2438 mètres), sa cabine doit être pressurisée afin que les personnes à bord puissent respirer normalement. Dans les avions à réaction (à l’exception des Boeing 787), la pressurisation de la cabine s’effectue par l’injection d’une faible proportion d’air hautement pressurisé qui provient des réacteurs et est acheminé vers le système d’approvisionnement en air de la cabine.
En temps normal, cet air est de l’air frais qui provient du compresseur du réacteur et qui n’a pas été mélangé au carburant ou aux gaz d’échappement. Mais, malheureusement, ce n’est pas toujours le cas.
On sait depuis plus de 60 ans qu’une défectuosité au niveau du moteur peut entraîner l’infiltration de produits chimiques dans la cabine et entraîner une exposition significative à des émanations toxiques à bord.
Le personnel de cabine, de par son travail, est à risque élevé d’être exposé à ce genre d’incident, qui n’est souvent pas pris au sérieux par les transporteurs aériens.
En lançant la campagne Voulez-vous des vapeurs d’huile avec ça?, la Composante d’Air Canada et le SCFP réaffirment leur engagement à prioriser la santé et la sécurité du personnel de cabine et à développer des ressources pour intervenir en cas d’exposition à des vapeurs toxiques.
La dernière année a démontré à quel point la solidarité et la mobilisation demeurent essentielles pour faire avancer les conditions de travail dans le secteur du transport aérien. En unissant leurs voix, les agent(e)s de bord du SCFP poursuivent un même objectif : faire reconnaître leur travail à sa juste valeur et assurer un environnement de vol sécuritaire pour tout le monde à bord. C’est avec cette même détermination que les membres abordent 2026, en se serrant les coudes pour relever les nouveaux défis auxquels fait face l’ensemble du secteur.




