La décision de GFL de quitter Toronto pour installer son siège social aux États-Unis illustre ce que dénonce depuis longtemps le plus grand syndicat du Manitoba : en sous-traitant les services municipaux, on envoie l’argent des contribuables hors de la province et même du pays, et on nuit à l’économie locale.

« Quelle surprise! » a ironisé Gord Delbridge, président du SCFP 500. « Maintenant que le PDG s’est payé un yacht avec l’argent des résidentes et résidents de Winnipeg, il se sauve chez Trump. Il faut revoir les contrats dès aujourd’hui. »

Le SCFP demande à la Ville de Winnipeg de vérifier ses politiques d’approvisionnement pour voir si les contrats octroyés à des entreprises états-uniennes pourraient être transférés à des fournisseurs locaux afin de s’assurer que les familles winnipegoises gardent le contrôle de leurs services municipaux.

Cette nouvelle tombe alors que le gouvernement provincial envisage d’adopter un modèle de responsabilité élargie des producteurs.

« C’est une occasion à saisir pour le Manitoba, a affirmé le président. L’occasion de s’assurer que le travail demeure ou devienne le fait de fournisseurs publics, syndiqués et résolument manitobains. »

Le SCFP demande au gouvernement du Manitoba de se pencher sérieusement sur l’impartition du travail dans ce nouveau modèle, en veillant à ce que les conventions collectives en vigueur et les droits du successeur soient respectés, et en confiant les travaux publics en priorité aux fonctionnaires syndiqué(e)s, puis ensuite seulement aux entrepreneurs manitobains.

« Le gouvernement a pris ses responsabilités concernant les services municipaux en augmentant le financement et en soutenant les bibliothèques et les loisirs, a salué Gord Delbridge. Ce serait dommage maintenant de nuire aux travailleuses et travailleurs du Manitoba avec un modèle qui privilégie les entreprises états-uniennes et punit le personnel de première ligne. »