Santé Canada enquête actuellement sur le décès de deux personnes ayant été rémunérées pour un don de plasma au centre de collecte Grifols situé à Winnipeg. Ces cas s’ajoutent à celui d’un troisième donneur ayant intenté une poursuite, alléguant souffrir de lésions rénales à la suite d’un don de plasma fait dans un centre de collecte Grifols. Tout récemment, les installations de Grifols à Calgary et à Regina ont d’ailleurs échoué aux inspections de Santé Canada, entre autres pour ne pas avoir évalué adéquatement l’admissibilité des donneuses et donneurs.

Le SCFP s’oppose fortement aux collectes de plasma rémunérées. Il s’agit d’un exemple de privatisation dangereuse du système canadien d’approvisionnement sanguin, et d’une pratique qui compromet la sûreté du sang, menace le modèle de don volontaire et va à l’encontre des recommandations découlant de la Commission Krever. En 2022, nous avions tiré la sonnette d’alarme sur l’entente de privatisation secrète conclue entre la Société canadienne du sang et Grifols relativement à la collecte de plasma. L’entente visait à sous-traiter ce type de services à Grifols et ouvrait ainsi la porte à la collecte de plasma à but lucratif en Ontario.

Les décès liés à la ponction du plasma sont extrêmement rares, mais surviennent parfois en raison d’un dysfonctionnement de l’équipement ou de procédures inadéquates. Il arrive que les donneuses ou donneurs potentiels n’aient pas été correctement évalués, ou que le personnel soit insuffisamment formé. Ces risques augmentent d’autant plus lorsque des sociétés privées s’occupent de la collecte de plasma et prennent des raccourcis au nom du profit.

Au cours des dernières années, les centres de collecte de plasma Grifols se sont rapidement propagés dans tout le pays. Ce genre de collecte à but lucratif menace la sûreté du sang. La promesse de rémunération peut inciter les gens à mentir sur leurs antécédents en matière de santé, de voyage ou de comportements à risque. De plus, les centres de collecte peuvent exploiter les personnes en situation de pauvreté en les encourageant à donner plus fréquemment. Ces risques accrus et ces approches prédatrices font de la collecte rémunérée une pratique dangereuse et déplorable.

Dès le 31 mars 2026, le gouvernement fédéral compromettra encore davantage la sûreté des banques de sang puisqu’il définancera le Programme de contributions pour la sûreté du sang (PCSS). Ce programme avait été créé après le désastre du sang contaminé survenu dans les années 1980, où des milliers de patient(e)s avaient été infecté(e)s par le VIH/sida et l’hépatite C à la suite de transfusions sanguines.

Le définancement du PCSS, conjugué à la collecte de sang privée, augmentera inévitablement les risques tant pour les personnes qui donnent des produits sanguins que pour celles qui les reçoivent. Il est aussi possible que cela entraîne un déséquilibre dans l’approvisionnement en général, en plus de nuire à la confiance du public envers notre système et à notre réputation à l’échelle mondiale.

Le SCFP réaffirme son opposition envers le don rémunéré de plasma et d’autres produits sanguins, et exhorte le gouvernement Carney à renforcer, améliorer et financer adéquatement le PCSS plutôt qu’à y mettre fin.