Les membres de la table centrale de négociation du SCFP se préparent à passer à l’action cet été puisque les négociations avec la direction d’Extendicare stagnent. Les parties se sont réunies au bureau régional du SCFP en Ontario en vue de négocier une nouvelle convention collective pour huit sections locales du SCFP dont l’employeur est Extendicare. Le SCFP représente plus de 30 000 travailleuses et travailleurs en soins de longue durée et maisons de retraite; son travail donne souvent le ton aux autres syndicats qui négocient dans ce secteur.

Les sections locales 1182, 1307, 1394, 2770, 2951, 3127, 3128 et 4788 du SCFP réunissent du personnel travaillant auprès des personnes âgées dans les établissements d’Extendicare de Laurier Manor, Crossing Bridge, Timmins, Sudbury, Bayview, Oshawa, Tri-Town, Kapuskasing et York. L’entente à la table centrale sert de cadre aux conditions de travail établies dans les autres établissements Extendicare de la province, qui emploient plus de 1 100 travailleuses et travailleurs en soins de longue durée.

Extendicare, une entreprise à but lucratif, a enregistré 96,6 millions de dollars de bénéfices en 2025. Elle a les moyens de verser des salaires équitables, de donner de bons avantages sociaux et de remédier aux problèmes causés par ses propres systèmes. Au lieu de cela, elle s’est retirée des négociations sans véritable engagement, préférant faire aboutir le processus à un arbitrage des différends, dans l’espoir que l’arbitre impose des concessions aux employé(e)s. Malgré le recours à la conciliation neutre, les parties n’ont pas réussi à trouver de terrain d’entente ni pour les problèmes liés aux horaires, aux congés ou aux paies découlant de la mise en place par l’employeur de Workday (un système de gestion des ressources humaines), ni pour les avantages sociaux et augmentations salariales annuelles. Ce report aggrave les répercussions sur ces travailleuses et travailleurs, dont les salaires et les conditions de travail sont déjà moins favorables que ceux des travailleuses et travailleurs de la santé d’autres secteurs.

Les membres du comité de négociation retourneront dans leur communauté respective afin de planifier les prochaines étapes avec leurs collègues syndicaux. Même si la loi sur l’arbitrage des conflits de travail dans les hôpitaux (Hospital Labour Relations Dispute Arbitration Act) interdit le droit de grève aux travailleuses et travailleurs en soins de longue durée de l’Ontario, le personnel peut recourir à d’autres tactiques et moyens de pression pour faire valoir ses droits. Le syndicat examine actuellement toutes les voies juridiques possibles pour faire pression sur l’employeur et le ramener à la table de négociation. Si l’on ne peut se permettre de reporter les soins, on ne peut se permettre de reporter le sort de ces travailleuses et travailleurs non plus.