Un décret adopté le 23 janvier dernier prévoit d’importantes modifications au Programme de revenu assuré pour personnes handicapées en Saskatchewan (SAID). Considérant l’incertitude économique qui plane, le SCFP se dit très préoccupé par le moment choisi pour faire ces changements et les conséquences prévisibles pour la population de la province.

« Les gens de la Saskatchewan ont déjà du mal à joindre les deux bouts, avec les services publics et l’épicerie qui ne cessent d’augmenter », a souligné Kent Peterson, président du SCFP-Saskatchewan. « Plusieurs personnes en situation de handicap reçoivent un revenu fixe. Or, avec l’augmentation des dépenses, le budget de leur ménage est aujourd’hui à un point de rupture. Et les récentes modifications réglementaires apportées au programme SAID risquent d’aggraver la situation encore plus. »

Parmi ces changements, le ministre des Services sociaux pourra désormais retenir sur les prestations habituellement versées la valeur de tous frais de subsistance non réglés (services publics, loyer). Les prestations peuvent également être réduites si un(e) bénéficiaire reçoit l’aide d’un autre programme qui, d’après le ministre, poursuit les mêmes objectifs que le programme SAID, et ce, même si ces mesures de soutien sont temporaires ou insuffisantes en soi.

De plus, la nouvelle réglementation nuit à l’autosuffisance en supprimant ou en limitant les aides destinées à couvrir les frais liés à la participation, aux transports pour se rendre au travail, et à l’éducation. Les prestations d’urgence ont été plafonnées, limitant ainsi les possibilités pour les personnes en situation de crise. De plus, six catégories ont été entièrement éliminées – incluant le soutien au répit, pour les enfants, le transport et la maternité. Rien n’est offert en remplacement.

Le SCFP s’inquiète aussi des répercussions que ces changements pourraient avoir sur les foyers de groupe, les programmes de jour et les foyers de soins personnels. Les organismes communautaires et les foyers de soins personnels de la Saskatchewan sont déjà largement sous-financés. Toute diminution ou incertitude causée par l’apport du gouvernement risquent de menacer la stabilité de ces services essentiels.

« Le SCFP a écrit au ministre pour obtenir des précisions sur la façon dont les changements réglementaires annoncés vont affecter le financement des foyers de groupe, des programmes de jour et des foyers de soins personnels », a dit Nicole Huber, présidente du comité directeur des travailleuses et travailleurs membres du SCFP œuvrant dans le secteur des organismes communautaires en Saskatchewan. « Des changements aussi importants ne devraient pas être adoptés sans une consultation poussée des fournisseurs de services, des bénéficiaires du programme SAID et des travailleuses et travailleurs qui fournissent ces services. »

Le SCFP demande au gouvernement d’arrêter le processus pour prendre le temps de se questionner sur ces changements, de tenir des consultations, et de faire en sorte que le programme SAID continue à répondre aux besoins des personnes en situation de handicap – surtout en contexte de crise du coût de la vie.