Le Syndicat des cols bleus de la Ville de Châteauguay (SCFP 1299), lequel représente plus de 120 personnes, dénonce la prise de parole du maire lors de la séance du conseil municipal de lundi soir dernier, une intervention méprisante envers les employé(e)s et qui détourne l’attention des véritables enjeux en négociation.
Rappelons que dès le début des pourparlers, la Ville a exigé des reculs majeurs de la part des cols bleus, soit l’abolition du plancher d’emploi et un recours illimité à la sous‑traitance, sans toutefois démontrer en quoi ces reculs allaient améliorer le service à la population. Suivant des mois de négociations infructueuses, le syndicat a lancé une campagne d’information présentant des exemples concrets où la sous‑traitance a coûté plus cher aux contribuables.
Cette campagne, Gestion de la Ville de Châteauguay pour les amateurs, vise un objectif simple : demander à la Ville d’effectuer un travail sérieux et de chiffrer les prétendues économies qu’elle réaliserait grâce à ses demandes. La campagne met donc en lumière quelques situations parmi de nombreux évènements des dernières années qui ont été documentés et qui démontrent que le recours au privé s’est avéré plus coûteux pour les contribuables. Au lieu de répondre à ces préoccupations, le maire a utilisé sa tribune au conseil municipal afin d’attaquer publiquement ses propres salarié(e)s, avançant des affirmations qui alimentent des préjugés injustes envers les cols bleus.
« Pendant qu’il tente de discréditer ses travailleurs, le maire ne fournit toujours aucun chiffre, aucune analyse, aucune justification pour les reculs que son administration exige à la table de négociation. Pire encore, il fait exactement ce dont il nous accuse : de la désinformation. C’est vrai que les cols bleus sont présentement le dernier groupe à conclure leur contrat de travail, mais cela a pris environ quatre ans pour régler la convention des pompiers. C’est un délai inacceptable qui ne démontre en rien la bonne foi de l’employeur », a déclaré Stéphane Paré, conseiller syndical.
Le syndicat déplore qu’au lieu de chercher des solutions, le maire stigmatise des travailleuses et travailleurs de première ligne qui servent les citoyens et citoyennes chaque jour. Ses propos sont non seulement inexacts, mais tout simplement irresponsables puisqu’ils renforcent des stéréotypes négatifs envers les employé(e)s municipaux(ales), ce qui nuit à leur bien-être au travail.
« J’ai vu bien des conflits de travail au cours de ma carrière, mais rarement une prise de parole publique d’un maire aussi disgracieuse envers ses propres employés. Ce n’est pas digne d’une administration municipale », a déclaré Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec.
Malgré la situation désolante, le syndicat a envoyé une lettre aujourd’hui même à la partie patronale afin de tenter de relancer les pourparlers puisque l’objectif demeure d’en arriver à une entente négociée.
Le 2 février 2026 marquait la dernière journée de médiation avec le ministère du Travail. Le syndicat a réitéré sa volonté de poursuivre la négociation avec le médiateur. L’employeur, lui, a indiqué ne pas vouloir aller de l’avant avec les discussions sur l’ensemble des demandes et a refusé que la médiation continue au‑delà des 120 jours prévus par la loi.