Le SCFP prévoit que l’année 2026 sera extrêmement difficile pour la défense des services publics à Terre-Neuve-et-Labrador si la population ne met pas plus de pression sur le gouvernement. Dans tous les domaines du secteur public, les membres du SCFP font état d’attaques : coupes dans le financement, réduction des services, partenariats public-privé (PPP) et montée de l’utilisation de l’intelligence artificielle.
« Notre gouvernement est littéralement en train de démanteler la fonction publique », plaide Sherry Hillier, présidente du SCFP–Terre-Neuve-et-Labrador « Qu’on pense à l’Université Memorial qui se prépare à un “avenir modeste”, aux entrepreneurs privés qui construisent des logements sociaux trop chers en dépit de la crise, ou bien aux infirmières volantes qui constituent maintenant la norme dans notre province, on constate qu’on nous attaque de l’intérieur. »
Pour pratiquement tous les services publics, des postes sont laissés vacants depuis des mois, menant à une surcharge de travail et une diminution des services.
Le nouveau système ambulancier « unifié » devait améliorer les délais d’intervention, mais l’entreprise privée à qui la gestion du service a été confiée (dans le cadre d’un récent partenariat public-privé) n’a pas su pallier la pénurie de personnel et a affirmé tout haut n’avoir aucune stratégie pour y arriver. Autrement dit, la province a payé 560 millions de dollars des deniers publics pour avoir moins d’ambulances que jamais. Les délais d’attente ont augmenté en campagne et les postes à pourvoir sont toujours vacants.
« Notre gouvernement tente de nous convaincre que nos services publics ne valent rien. Il les dégrade délibérément et fait croire à tort que les partenariats public-privé viendront améliorer le quotidien des communautés de Terre-Neuve-et-Labrador qui en arrachent. »
Or, au milieu des rapports qui font état de soins inférieurs aux normes, de conditions déplorables, de mauvais traitements et d’évictions dans le secteur des soins à domicile, on apprend que l’an dernier, les entreprises privées ont reçu plus de 80 millions de dollars en subventions du gouvernement provincial pour des installations privées (soit 50 millions de plus que l’année précédente).
Du côté des services éducatifs à la petite enfance, plus de 400 millions sont allés à moins d’une douzaine d’entreprises privées ces six dernières années. En 2025, elles recevaient environ 400 000 $ par enfant à besoins complexes pour fournir soins et logis.
Le cabinet Deloitte a touché près de deux millions de dollars pour fournir un plan décennal visant à résoudre la pénurie de personnel en santé et il s’est avéré que son rapport était fabriqué de toutes pièces. En ce qui concerne l’Accord sur l’éducation de Terre-Neuve-et-Labrador, un autre plan décennal payé par les fonds publics, on a démontré la présence de contenus générés par l’IA et de sources erronées.
« J’appelle nos communautés à tenir compte des avertissements des travailleuses et travailleurs du secteur public. On est sur le terrain, on constate chaque jour la destruction des services publics dans nos milieux de travail. Quand on entend parler d’un nouveau contrat avec le privé plutôt que de nouvelles embauches ou bien quand on se fait dire de diriger les membres de notre communauté vers le site Web du gouvernement plutôt que de les aider à accéder aux services, on sait que ça augure mal pour l’avenir de Terre-Neuve-et-Labrador.