Photo Flickr Creative Commons / Natalie HegertAujourd’hui, le gouvernement du Québec a officiellement publié un nouveau règlement sur les travaux bénévoles de construction dans les écoles, les collèges et les établissements de santé et de services sociaux. Le décret 1064-2017 stipule que dorénavant, des bénévoles pourront effectuer des travaux concernant, entre autres, le marbre, le granit, la céramique et le terrazzo, les armoires et les comptoirs, les portes ou fenêtres intérieures, la peinture extérieure ou intérieure ainsi que la menuiserie de finition.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente des employés d’entretien dans une multitude d’établissements d’éducation et de santé et services sociaux, déplore ce nouveau signal d’abandon des institutions publiques. Le SCFP avait transmis à la ministre du Travail Dominique Vien des représentations bien documentées en faveur de solutions publiques et peu coûteuses. Il regrette de n’avoir pas été entendu.

« Pour permettre aux institutions d’effectuer des travaux à moindre coût avec leur propre main-d’œuvre qualifiée, nous avons proposé une modification au chapitre R ‑20 de la loi régissant la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction. Présentement, seuls les employés ayant un statut permanent peuvent effectuer des travaux d’entretien. Encore aujourd’hui, la loi interdit à presque tous les employés occasionnels ou surnuméraires d’effectuer de tels travaux. Le gouvernement maintient cette interdiction pour nos membres, mais donne la permission aux bénévoles ! C’est absurde », a souligné Denis Bolduc, président du SCFP-Québec.

Le SCFP souligne la grande variété d’institutions touchées par ce problème : écoles primaires et secondaires, cégeps et collèges, de même que l’ensemble des établissements du réseau public de la santé et des services sociaux.

« Derrière les messages pré-électoraux mielleux du gouvernement, on retrouve encore l’abandon de l’école publique et des institutions publiques. Nous lui avons proposé une solution économique qui protège la santé et la sécurité des élèves, des usagers et du personnel. Malheureusement, c’est la même logique qui prévaut, celle de négliger l’entretien de base des bâtiments. Encore une fois, ce sont les élèves et les usagers, en particulier ceux des quartiers moins favorisés, qui seront laissés de côté », a déploré Pierre Degray, président du secteur de l’éducation du SCFP-Québec.

Le texte du décret 1064-2017 publié aujourd’hui est disponible ici.

Les représentations du SCFP effectuées dans ce dossier en 2017 sont disponibles ici.