Le discours du Trône promet des accusations criminelles pour ceux qui négligent les personnes âgées. Or, le recul du financement fédéral est un facteur majeur du manque de personnel et de la négligence dans les établissements de soins de longue durée, rapportent la division ontarienne du SCFP-Ontario et le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP).

« Nous demandons que le gouvernement fédéral soit accusé de négligence envers nos personnes âgées », déclare Candace Rennick, secrétaire-trésorière du SCFP-Ontario. « Nous exigeons justice pour tous ceux qui sont décédés d’une maladie grave en soins de longue durée, sans jamais avoir été transférés à l’hôpital. Nous réclamons justice pour les résidents qui ont perdu leur mobilité et leur continence et qui souffrent d’isolement et de négligence émotionnelle, parce que le personnel n’a tout simplement pas le temps de leur prodiguer les soins auxquels ils devraient avoir droit. »

La formule de financement qu’utilise le fédéral dans ses transferts en matière de santé n’est pas suffisante pour soutenir les services existants, estime le SCFP-Ontario. Dans le cadre de la plus récente étape d’un recul constant du financement fédéral pour les soins de longue durée, il manquera à l’Ontario 750 millions de dollars en 2020. Cette somme représente la différence entre le financement inadéquat du gouvernement fédéral et les pressions sur les coûts réels des provinces.

« Le gouvernement fédéral doit agir dès maintenant pour sauver des vies et combler les déficits de financement provinciaux croissants en santé, ajoute Mme Rennick. L’Ontario subira une perte sur dix ans d’environ 13,55 milliards de dollars, comparativement à des pressions sur les coûts estimées à 5,2 pour cent. Pour l’ensemble du pays, le manque à gagner sur dix est d’environ 31 milliards de dollars. »

À cause de la réduction des transferts fédéraux aux provinces pour les soins de santé, l’Ontario se retrouve avec une dotation en personne inférieure à celle du reste du Canada dans le domaine des soins de longue durée.

« Le gouvernement fédéral condamne essentiellement des milliers de résidents en soins de longue durée à la négligence et au déclin », avance Michael Hurley, président du CSHO-SCFP. « Cette négligence systémique est une honte nationale qui s’est manifestée pendant la COVID-19. Pendant la pandémie, des milliers de résidents en soins de longue durée sont morts en Ontario et dans d’autres provinces. Les pays qui s’occupent des personnes âgées d’une manière profondément différente ont perdu peu ou pas de vies. Pour renverser la vapeur, on a absolument besoin d’augmenter les transferts fédéraux afin d’ajouter du personnel aux soins de longue durée. » 

Le SCFP-Ontario et le CSHO-SCFP demandent au gouvernement fédéral d’augmenter sa part du financement des services de santé afin de couvrir les augmentations de coûts réelles résultant des effets de la croissance démographique et du vieillissement. Ils appellent aussi à une augmentation suffisante du financement des soins de longue durée pour garantir un plancher de quatre heures de soins infirmiers et personnels par jour et par résident.