Matt McLean | Service de Recherche du SCFP

Au printemps dernier, le SCFP a appris que le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Pallister abandonnait un plan controversé de construction de quatre nouvelles écoles au Manitoba (trois à Winnipeg et une à Brandon) en partenariat public-privé (PPP).

Ces écoles auraient été construites, financées, possédées et entretenues par des entreprises privées à but lucratif. La division scolaire aurait été locataire à long terme dans ces écoles, avec, après plusieurs décennies, une possibilité de les acheter.

Partout au pays, les écoles en PPP multiplient les gaspillages, les secrets et les scandales. En Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et en Alberta, elles ont coûté des millions de dollars de plus que le mode de construction et de propriété traditionnel. En Saskatchewan, elles sont entourées de mystères et d’hypothèses douteuses ; elles finiront par s’avérer plus coûteuses.

Outre la question monétaire, la détention des bâtiments par une entreprise privée crée des problèmes pour la collectivité. Les écoles ont l’habitude de servir pour diverses activités le soir et la fin de semaine, des réunions de scouts aux ligues de basketball et aux réunions d’organismes communautaires. Les propriétaires privés, dont la seule responsabilité consiste à faire des profits pour leurs actionnaires, ne mettent pas leurs biens à la disposition de la collectivité comme le font les conseils scolaires. L’école en PPP n’est plus un espace communautaire.

Pour toutes ces raisons, le SCFP du Manitoba a lancé une campagne pour « brandir des drapeaux rouges ». Celle-ci ciblait particulièrement Brandon, une ville de 50 000 habitants qui possède une division scolaire et deux sièges à l’Assemblée législative. Il s’agit de circonscriptions baromètres actuellement détenues par les progressistes-conservateurs.

La section locale 737 du SCFP, qui représente le personnel de soutien scolaire de la division scolaire de Brandon, s’est démenée. Elle a distribué des milliers de brochures chez les gens, en plus d’organiser une assemblée publique avec la branche manitobaine du Centre canadien de politiques alternatives et de présenter plusieurs exposés au conseil de la division à partir de données pancanadiennes compilées par les chercheurs du SCFP. Il y a eu aussi de la publicité pour faire passer le message aux citoyens.

Ça a marché. Le gouvernement Pallister a fait marche arrière, même s’il avait promis en campagne électorale de confier l’infrastructure aux PPP ; même si son budget prévoyait la construction de quatre écoles de cette façon. Il a annoncé l’abandon des projets d’écoles en PPP en admettant que ce mode de construction est effectivement plus coûteux.

Mais il y a mieux. Avec l’argent économisé en abandonnant le modèle PPP, le gouvernement s’est engagé à construire une cinquième école ! Ainsi, au lieu de quatre écoles détenues par le privé, le Manitoba se retrouve avec cinq écoles qui sont la propriété de l’État.

C’est une victoire dont on peut être fier ! Quelle leçon en retenir ? Faire campagne, ça vaut la peine.