Le gouvernement Ford doit financer les hôpitaux à leur coût réel pour empêcher la détérioration des soins.
« Le gouvernement prive les hôpitaux de financement et les oblige à supprimer massivement leurs effectifs. La campagne publicitaire autoglorifiante du premier ministre Ford aurait pu couvrir le déficit de l’Hôpital d’Ottawa. Et son jet privé, celui de l’Hôpital Élisabeth-Bruyère », s’est exclamé Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP (CSHO-SCFP), qui représente 45 000 employé(e)s d’hôpitaux et de foyers de soins de longue durée. « Entre-temps, les patient(e)s attendent des mois dans les couloirs, dans l’angoisse et la souffrance, avant de pouvoir être opéré(e)s. Il est temps que le gouvernement Ford finance massivement les hôpitaux et protège les soins qui y sont offerts. »
La province a annoncé une augmentation de 4 % du financement des hôpitaux pour 2026-2027, mais le syndicat souligne qu’il faudrait une augmentation annuelle de 6 % rien que pour maintenir les services à leur niveau actuel.
« La plupart des hôpitaux affichent des déficits importants, ce qui les oblige à supprimer des milliers de postes. Résultat : on compromet l’accès aux soins et leur qualité tout en augmentant les délais d’attente », déplore Michael Hurley.
« Le gouvernement a les fonds nécessaires pour mettre immédiatement fin aux coupes budgétaires dans les hôpitaux. Mais il force plutôt nos hôpitaux à procéder à des licenciements en dépit de la hausse du nombre de patient(e)s et du manque de personnel. Les patient(e)s doivent donc faire face à des délais d’attente encore plus longs, et le personnel se retrouve devant des charges de travail insurmontables », se désole pour sa part Sharon Richer, secrétaire-trésorière du CSHO-SCFP. « Pour offrir de meilleurs soins, les hôpitaux doivent recruter davantage. Sauf que la priorité du moment, c’est de réduire les déficits, qui ont explosé à cause du sous-financement du gouvernement. »
En avril, deux grands hôpitaux ont annoncé près de 700 licenciements afin de combler leurs déficits budgétaires. L’Hôpital d’Ottawa supprimera 400 postes (principalement du personnel infirmier et des préposé(e)s aux soins personnels), tandis que le London Health Sciences Centre supprimera 288 postes d’infirmiers et infirmières. Ces suppressions s’inscrivent dans la foulée d’une vague de licenciements dans les hôpitaux de toute la province, dont 55 à Santé Bruyère.
Le SCFP a sondé le personnel des hôpitaux où des coupes ont été annoncées. Les travailleuses et travailleurs se disent très inquiets de voir les conditions de travail – tout comme les soins prodigués – se détériorer :
- « La population doit savoir qu’il n’est plus sécuritaire de se présenter à l’hôpital. Malgré notre bonne volonté, le manque de personnel nous empêche de donner les soins requis. »
- « Avec les postes coupés, l’attente ne pourra qu’augmenter. La satisfaction au travail restera en chute libre. Les patient(e)s en souffriront forcément. Le milieu de travail continuera de perdre en sécurité, et les risques de violence augmenteront. »
« En Ontario, une personne qui se présente aux urgences attend actuellement près de 19 heures avant d’être prise en charge, faute de personnel et de place, mentionne Michael Hurley. L’objectif de 8 heures fixé pour l’admission n’est pas respecté dans 71 % des cas. Environ 2 000 personnes attendent un lit sur des civières. Et 200 000 sont en attente de chirurgie. Le commun des mortels penserait que le gouvernement ferait tout son possible pour retenir et recruter du personnel. »
Le syndicat réclame un financement stable et pluriannuel pour les hôpitaux. Car, en effet, le gouvernement n’a pas que négligé d’augmenter les fonds pour compenser les coûts : il a aussi rendu le processus de financement imprévisible et déstabilisant.