Le SCFP-Alberta, qui représente les travailleuses et travailleurs de la santé dans cette province, critique vertement la plus récente annonce faite par le gouvernement du Parti conservateur uni en réponse à la crise qui touche les salles d’urgence.

La présidente du SCFP-Alberta, Raj Uppal, a elle-même déjà travaillé aux urgences de l’hôpital Grey Nuns, à Edmonton. Selon elle, les plans annoncés paraissent bien en surface, mais n’apportent en fait aucune solution concrète.

« Le nombre de nouveaux lits annoncé aujourd’hui est exactement le même que celui qui a été annoncé le 14 novembre dernier. Sans la date, les deux communiqués seraient pour ainsi dire indifférenciables, s’exaspère-t-elle. Le gouvernement va-t-il un jour passer de la parole aux actes? »

« On nous a promis un millier de lits en novembre, et on nous en promet encore autant aujourd’hui. Mais dans l’intervalle, aucun n’a été ouvert. Pas un seul. »

Pendant ce temps, les salles d’urgence de l’Alberta ont été confrontées à des crises et à une affluence monstre dans les dernières semaines. En décembre, un homme de 44 ans est décédé des suites d’une insuffisance cardiaque après avoir attendu huit heures à l’hôpital Grey Nuns d’Edmonton. Il y a aussi eu un homme âgé qui, en dépit de la grippe qui l’affligeait, a dû attendre près de quatre jours sur une civière dans un corridor avant qu’on aille lui prodiguer des soins.

Le SCFP-Alberta, soutient Raj Uppal, est du même avis que l’Alberta Medical Association : il faut déclarer l’état d’urgence.

« Ça donnerait aux autorités plus d’outils pour gérer l’engorgement dans les hôpitaux. Il ne serait alors plus nécessaire d’attendre que le Parti conservateur uni tienne ses promesses. »

« Au gouvernement, je dis ceci : écoutez les travailleuses et travailleurs. Il y a une crise bien réelle dans le secteur de la santé en Alberta. Ouvrez les yeux pour qu’on puisse enfin commencer à résoudre la situation. »

Même si le ministre Matt Jones a promis une enquête judiciaire pour faire la lumière sur le décès survenu à l’hôpital Grey Nuns, Raj Uppal reste sceptique puisque le gouvernement n’a pas donné suite aux recommandations ayant découlé d’une enquête similaire sur le décès d’un membre du SCFP qui travaillait en services sociaux.

« Le gouvernement dit les bonnes choses, mais ce sont des paroles vides. Il n’agit jamais. Tout porte à croire qu’en fait, il s’en fiche. »