Les paramédics affilié(e)s au SCFP 4911 se sont rassemblé(e)s pour marquer l’ouverture de ce qu’ils et elles considèrent comme la plus importante ronde de négociation des dernières années, une ronde qui déterminera si les services paramédicaux de Peterborough pourront être stabilisés et maintenus.
Le SCFP 4911 représente environ 180 paramédics qui assurent un soutien médical d’urgence aux 150 000 habitant(e)s de la ville et du comté de Peterborough. Une crise persistante affecte toutefois les services, et d’importants changements structurels sont donc requis.
Des problèmes d’effectifs et de santé mentale qui mettent la population à risque
Le manque de paramédics sévit partout en Ontario, mais il est particulièrement criant à Peterborough. Près de 20 % des paramédics à temps plein de Peterborough sont actuellement en arrêt de travail; plusieurs reçoivent des indemnités de la CSPAAT pour cause de blessure ou de stress professionnel. Cette situation est le résultat du manque chronique d’effectifs, des heures supplémentaires forcées et des traumatismes causés par le travail.
La dotation et la rétention du personnel ont été des préoccupations majeures ces dernières années. On dénombrait environ 150 postes vacants rien qu’en 2025, signe qu’embaucher et retenir le personnel est un gros problème pour le service. L’incapacité à garder le personnel en poste fait en sorte que beaucoup moins d’ambulances sont en circulation, exposant ainsi la population au risque de ne pas pouvoir bénéficier d’un service paramédical en composant le 911.
« Au cours des trois dernières années, le service a embauché environ 70 paramédics. Mais pendant ce temps, plus de 50 personnes sont allées travailler ailleurs ou ont carrément quitté la profession. On perd chaque année 17 ou 18 paramédics en moyenne. On ne peut pas remplir un seau percé, peu importe toute l’eau qu’on y verse. Mais ça semble être leur seule stratégie », explique Jordan Lean, paramédic et président du SCFP 4911. « On investit temps et argent pour remplacer les paramédics, mais on ne fait rien pour les garder. On est pris dans un cycle infernal de rotation du personnel, et le service paie essentiellement pour former des gens qui iront travailler ailleurs. »
Des solutions à la table de négociation
Le SCFP 4911 propose des solutions sensées pour faire de Peterborough un endroit qui attire et retient les paramédics. Voici ses chevaux de bataille :
Salaires équitables
Les paramédics de Peterborough gagnent 20 % moins que leurs homologues de la police ou du service des incendies. Cet écart notable dans les salaires peut certainement mener à l’épuisement professionnel et à l’attrition, puisque les paramédics peuvent être tenté(e)s de quitter pour des postes mieux rémunérés, entraînant ainsi une perte de personnel expérimenté. Offrir des salaires comparables aidera à maintenir la stabilité des effectifs et la grande qualité des services.
Couverture des services en santé mentale
Le TSPT et les autres formes de stress professionnel sont monnaie courante dans le secteur paramédical, étant donné la nature du travail. Le plafond actuel en matière de couverture en santé mentale est bien inférieur à ce qui est offert dans la plupart des autres services paramédicaux. Améliorer la couverture permettrait d’améliorer l’état mental des paramédics et servirait, indirectement, les personnes à qui ils et elles viennent en aide dans la communauté. Ce serait également une façon de reconnaître l’impact psychologique du travail paramédical.
Amélioration des avantages sociaux
L’élargissement des avantages sociaux pourrait convaincre plus de paramédics à vouloir travailler à Peterborough. L’offre de meilleurs avantages sociaux est une stratégie cruciale pour la rétention et pourrait contribuer à garder nos paramédics d’expérience, qui sont souvent les personnes les plus affectées par l’épuisement professionnel ou le stress.
À long terme, ces solutions aideraient le personnel de Peterborough à rester en poste et à être en meilleure santé, deux facteurs qui amélioreraient les services médicaux d’urgence offerts à l’ensemble de la communauté. Selon vous, quelle pourrait être la plus grande difficulté empêchant d’amener ces solutions à la table de négociation?
« Si on ne règle pas la question des salaires, des services en santé mentale et des avantages sociaux, on va continuer à perdre des paramédics au fur et à mesure qu’on les embauche, affirme Jordan Lean. Cette ronde de négociation est absolument critique si l’on veut bâtir un service médical d’urgence viable sur lequel la communauté peut compter. »