Stella Yeadon | Service des communications du SCFP

Partout au pays, les travailleurs de la santé subissent des agressions quotidiennement. De la violence verbale aux voies de fait graves, en passant par la violence sexuelle, le nombre d’incidents violents augmente en flèche. C’est le cas dans les hôpitaux, les services d’urgence et les établissements de soins de longue durée. Des études montrent que les personnes les plus à risque sont les infirmières et les préposés aux services de soutien à la personne, car ce sont eux qui ont les contacts les plus directs avec les patients et leurs familles. Plusieurs d’entre eux ont assisté à une conférence du SCFP en Ontario sur les soins de santé portant spécifiquement sur la violence. Tous ont affirmé avoir vécu une forme ou une autre de violence au travail.

Les études démontrent que les salles d’urgence des hôpitaux et les services psychiatriques sont les plus violents. Il est aussi largement reconnu que la violence contre le personnel de la santé est sous-déclarée, surtout par peur des représailles qu’exercent les employeurs contre ceux qui la dénoncent.

En Ontario, où les dépenses consacrées aux hôpitaux sont les plus faibles au pays et où il manque de personnel de première ligne pour assurer des soins suffisants aux patients, les travailleurs des hôpitaux et des établissements de soins de longue durée ont fait de la réduction des taux croissants de violence au travail une priorité.

Après le congédiement, à l’hiver 2016, d’une infirmière auxiliaire qui avait pris la parole à la conférence sur la violence dans le secteur de la santé, les travailleuses et travailleurs de la santé ont crié « Assez, c’est assez! ». Le personnel des hôpitaux, des établissements de soins de longue durée et des foyers de soins infirmiers – environ 75 000 membres du SCFP en Ontario – a le droit d’être en sécurité au travail. Les membres ont élaboré un plan pour obliger le gouvernement provincial à les écouter et à assurer leur protection, notamment en créant une catégorie spécifique dans le Code criminel visant à faire de la violence contre les travailleurs de la santé une infraction criminelle.

En organisant des groupes de discussion avec des travailleurs de la santé qui ont vécu de la violence, tant comme cibles que comme témoins d’incidents de violence contre un collègue, le Conseil des syndicats hospitaliers de l’Ontario du SCFP, de concert avec des chercheurs indépendants, présente des récits « à la première personne » de violence au travail, sous forme de vidéos et dans un rapport qui sera bientôt publié. Des conférences de presse auront lieu partout en Ontario en 2017 pour « donner une voix aux nombreux travailleurs de la santé qui ont été agressés au travail et pour contester directement la culture des représailles et des efforts déployés pour réduire au silence ceux qui dénoncent la violence au travail », a affirmé Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario.