Une nouvelle ressource s’offre maintenant aux membres du SCFP, aux administrateurs de régimes de retraite et aux militants anti-privatisation qui veulent que les services et les infrastructures publics le demeurent. La trousse Évitons que nos régimes de retraite contribuent à la privatisation : guide pour les membres du SCFP, les fiduciaires et les autres représentants des régimes de retraite donne aux militants du SCFP et aux représentants sur les conseils d’administration des régimes de retraite, des informations sur les dangers encourus lorsque les caisses de retraite s’impliquent dans des partenariats public-privé (PPP) ou contribuent à d’autres types de privatisation.

La trousse suggère des actions à entreprendre pour les administrateurs de régimes et les membres du SCFP afin qu’ensemble nous puissions empêcher nos régimes de retraite de contribuer à la privatisation. Les actions proposées permettent par exemple de connaître les investissements réalisés par votre caisse de retraite et d’avoir plus de poids lors de la prise de décisions.

Souvent, nous comptons sur les représentants syndicaux au sein du conseil d’administration ou d’un autre organe directeur de la caisse de retraite pour contester les investissements des régimes dans la privatisation. Nos administrateurs font de l’excellent travail, mais ils ont besoin d’aide. Il nous appartient à tous de nous exprimer et de nous opposer à ce que nos régimes réalisent des profits grâce à la privatisation.

Des nouvelles menaces de privatisation en raison de la COVID-19

Les déficits gouvernementaux qui ont été enregistrés pour aider la population à traverser la pandémie étaient nécessaires, mais ils sont invoqués comme prétextes pour justifier des projets de privatisation dans le cadre de la reprise économique. Pourtant, la privatisation ne relancera pas l’économie canadienne, elle ne fera que nuire aux services publics.

Le gouvernement libéral affirme que la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) jouera un rôle prépondérant dans ses plans de relance économique. La BIC cible les régimes de retraite en tant qu’investisseurs dans des projets d’infrastructure détenus, exploités et financés par le secteur privé, dont de nombreux PPP.

De plus, des groupes de pression du secteur privé comme le Conseil canadien pour les partenariats public-privé et la Global Infrastructure Investor Association pousseront les gouvernements à accélérer la privatisation. De nombreux régimes de retraite du secteur public sont membres de ces organisations.

Les capitaux privés, incluant les régimes de retraite publics, seront à la recherche d’accords de privatisation dans les domaines des transports, de l’électricité, de l’eau, dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les soins aux personnes âgées, et dans les services de garde d’enfants, notamment.

C’est le temps d’agir

Les régimes de retraite qui investissent dans la privatisation risquent de nuire à leur réputation, sans compter les risques juridiques et financiers. Les exemples se sont accumulés ces derniers mois.

Des familles de résidents en établissement de soins de longue durée ont intenté des recours collectifs contre Revera Inc., une société de soins de longue durée à but lucratif appartenant à l’Office d’investissement des régimes de pensions du secteur public (OIRPSP). Les poursuites visent à obtenir des centaines de millions de dollars en dommages-intérêts pour négligence et rupture de contrat. L’OIRPSP investit les fonds de pension des fonctionnaires fédéraux, du personnel militaire et des employés de la GRC.

Heureusement, le mouvement visant à mettre fin à la privatisation de services vitaux comme les soins de longue durée et à les confier au secteur public prend de l’ampleur. Le SCFP fait campagne pour que le gouvernement fédéral repense les soins de longue durée. Deux syndicats du secteur public fédéral exhortent l’OIRPSP à retirer son investissement et à remettre la propriété et le contrôle des installations de Revera aux gouvernements. Selon un récent sondage Angus Reid, les deux tiers des répondants appuient la prise de contrôle par l’État des établissements privés de soins de longue durée.

Les aéroports appartenant à des régimes de retraite ont pour leur part dû fermer leurs portes lorsque les voyages internationaux se sont arrêtés. Depuis, ils ont du mal à reprendre leurs opérations. Dans le monde entier, la chute vertigineuse de l’achalandage sur le réseau routier a aussi engendré des problèmes de revenus pour les routes à péage appartenant à des régimes de retraite.

Le SCFP s’oppose fermement à ce que les caisses de retraite de ses membres investissent dans des projets de privatisation comme les PPP dans le but de réaliser des profits. Les membres du SCFP ne veulent pas que leur salaire différé soit investi de manière à nuire aux travailleurs et aux citoyens, ou à mettre en péril la réputation ou la santé de nos régimes de retraite.

Travaillons ensemble pour garder nos régimes de retraite loin de la privatisation.

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