Le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO), qui représente plus de 57 000 travailleuses et travailleurs de l’éducation dans plus de 60 sections locales en Ontario, exhorte le gouvernement Ford et le ministre de l’Éducation Paul Calandra à entamer dès que possible les négociations collectives avec les syndicats, car le sous-financement profond et la pénurie chronique de personnel continuent de nuire tant aux élèves qu’au personnel dans tout l’Ontario.
« Il ne peut y avoir de statu quo alors que les travailleuses et les travailleurs de l’éducation et les élèves font les frais d’un sous-financement chronique », a déclaré Joe Tigani, président du CSCSO. « Il est essentiel d’entamer rapidement les négociations afin de stabiliser nos écoles et de remédier à la crise du personnel avant qu’elle ne s’aggrave davantage. »
Le SCFP-CSCSO exhorte le gouvernement à se présenter à la table de négociation prêt à augmenter les effectifs dans toutes les écoles de la province afin d’améliorer le soutien aux élèves et d’apporter les améliorations nécessaires à l’éducation financée et dispensée par l’État en Ontario.
Les conseils scolaires avertissent déjà les sections locales du SCFP que des milliers de travailleuses et travailleurs de l’éducation pourraient être licenciés en septembre 2026, après l’expiration de la convention collective actuelle en août. Ces réductions potentielles surviennent à un moment où les écoles ont déjà du mal à répondre aux besoins des élèves en raison d’années de financement insuffisant et de sous-effectifs.
Selon le Centre canadien de politiques alternatives, le gouvernement Ford a sous-financé l’enseignement public à hauteur de 6,3 milliards de dollars. Le CSCSO, quant à lui, a évalué que juste pour l’année 2025-2026, le financement par élève a été réduit de 1,4 milliard de dollars. Les travailleuses et travailleurs de l’éducation membres du SCFP en Ontario effectuent actuellement l’équivalent de 1 355,5 emplois à temps plein (ETP) non rémunérés. De plus, on note que la presque totalité (96 %) des aides-enseignant(e)s et des travailleuses et travailleurs sociaux auprès des enfants et des jeunes en Ontario sont victimes d’incidents violents ou perturbateurs sur leur lieu de travail. Comme si ce n’était pas assez, plus de la moitié de ces travailleuses et travailleurs (55 %) déclarent que ces incidents se produisent tous les jours.
Malgré les déclarations du gouvernement concernant un « financement historique » pour les écoles, le ratio élèves/personnel ne s’est pas amélioré depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Ford en 2018. En fait, pour certaines catégories d’emplois, le ratio élèves/personnel est pire aujourd’hui qu’en 2018.
Le CSCSO est prêt à s’asseoir à la table de négociation. Il est essentiel d’entamer les négociations tôt afin d’apporter une stabilité aux élèves, aux parents et aux travailleuses et travailleurs de l’éducation, et d’éviter une nouvelle année scolaire marquée par une crise due au sous-financement et au manque de personnel dans l’enseignement public. Le ministre Calandra peut publier un règlement permettant d’entamer les négociations jusqu’à 180 jours avant l’expiration de la convention actuelle à la fin du mois d’août, soit dès le début du mois de mars.