Une importante délégation comptant des centaines de représentants du Syndicat des cols bleus de Laval (SCFP 4545) ainsi que plusieurs de leurs collègues du secteur municipal et du SCFP-Québec se sont présentés hier soir au conseil municipal de Laval afin de questionner les élus à propos de la privatisation d’une partie du service de déneigement sur le territoire lavallois.

Cette décision a été prise alors qu’aucune preuve n’a été présentée démontrant les avantages économiques de la sous-traitance. Il existe pourtant de nombreux exemples de villes et municipalités qui ont rapatrié à l’interne le déneigement avec succès. À Québec, afin de répondre à la demande, le secteur de Val-Bélair a été redonné aux cols bleus. À Saint-Constant, la Ville a décidé de confier de nouveau le déneigement à ses employés.

« L’expertise à l’interne est précieuse et s’en départir sera coûteux pour la Ville, mais surtout pour ses citoyens », a affirmé Pierre-Guy Sylvestre, économiste au SCFP.

Les représentants syndicaux trouvent ainsi déplorable que les dirigeants de la Ville de Laval n’aient rien retenu de la commission Charbonneau, laquelle affirmait que les employés municipaux sont un des meilleurs remparts contre les dépassements de coûts, la collusion et la corruption.

« Inefficacité, gaspillage et corruption sont trop souvent associés à la sous-traitance des services publics », a rappelé Denis Bolduc, président du SCFP-Québec.

Marc Ranger, directeur québécois du SCFP, a rappelé aux élus lavallois ainsi qu’aux citoyennes et citoyens présents l’esprit dans lequel avait été négociée la dernière convention collective. Ce dernier a interpellé directement le maire de Laval, Marc Demers, afin qu’il annule le contrat confié au privé.

« La Ville a le pouvoir d’annuler ce contrat à un coût raisonnable. De plus, les cols bleus ont fait la preuve qu’ils sont compétents et moins onéreux que l’entreprise privée. La Ville a ouvert une brèche inutile dans les relations de travail et elle doit la colmater », a déclaré M. Ranger.

Selon le président du Syndicat des cols bleus de Laval, le lien de confiance avec l’employeur est bel et bien affecté.

« Avec cette décision insensée, la Ville a atteint notre fierté de cols bleus en plein cœur! », a déploré Louis-Pierre Plourde, président du Syndicat des cols bleus de Laval (SCFP 4545).