Attente de 74 heures à l’urgence – les temps d’attente pour les admissions à l’hôpital ont augmenté de 40 % dans le réseau Niagara Health

Un nouveau rapport du CCPA affirme que les patient(e)s sont lésé(e)s en raison du sous-financement provincial

La majorité des 136 hôpitaux de l’Ontario ont enregistré des déficits opérationnels depuis 2022, ce qui met en péril un système public déjà précaire, selon une nouvelle analyse du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA).

Dans Conçu pour échouer: La crise financière croissante dans le secteur hospitalier de l’Ontario, Andrew Longhurst, chercheur principal du CCPA, constate que l’augmentation des coûts hospitaliers de 6 % par an et le sous-financement du gouvernement créent une situation toxique qui sape l’objectif d’offrir aux patient(e)s un accès aux soins en temps opportun.

« Au cours des trois dernières années, nos recherches ont montré que les augmentations prévisibles des coûts des hôpitaux de l’Ontario se heurtent à un sous-financement constant de la part du gouvernement provincial, a déclaré M. Longhurst. Et quand l’augmentation du financement des hôpitaux n’atteint pas les 6 % requis, ce sont les besoins de la population en matière de soins de santé qui ne sont pas satisfaits. Cette crise aurait pu être évitée, mais elle ne fait que s’aggraver. »

Lors d’une conférence de presse à Niagara Falls, M. Longhurst a affirmé que les temps d’attente dans les services d’urgence sont un signe révélateur de l’efficacité des systèmes de santé. 

Il a indiqué que les temps d’attente pour les admissions à l’hôpital dans le réseau Niagara Health ont augmenté de 40 % depuis 2020-2021, et que 90 % des patient(e)s dans les services d’urgence attendent 73,8 heures (contre 52,9 heures auparavant). À l’échelle provinciale, 90 % des patient(e)s ont attendu 44 heures avant d’être admis(e)s en 2024-2025 (soit une augmentation de 52 % en cinq ans).

Le déficit du réseau Niagara Health s’élevait à 20,16 millions de dollars en 2024-2025, ce qui représente une augmentation considérable depuis le déficit de 2,47 millions de dollars enregistré en 2022-2023. 

L’étude Conçu pour échouer montre également que les hôpitaux de petite taille et ceux en milieu rural sont les plus durement touchés, car les hôpitaux dont les recettes d’exploitation sont inférieures à 100 millions de dollars affichaient des déficits disproportionnés en 2024-2025. Ces petits hôpitaux représentaient 61 % des hôpitaux déficitaires, mais seulement 49 % de l’ensemble des hôpitaux ontariens.

Le rapport réfute les affirmations trompeuses du gouvernement de l’Ontario concernant les soins de santé, telles que la déclaration du ministre des Finances, selon laquelle les dépenses sont « insoutenables ». 

Pourtant, les dépenses totales de santé en Ontario n’ont grimpé pour représenter que 7,6 % du PIB en 2023, contre 7,4 % du PIB en 2014, a déclaré M. Longhurst. Malgré tout, l’Ontario se classait au dernier rang des dépenses hospitalières par personne et des dépenses totales de santé au Canada en 2023.

De même, le gouvernement de l’Ontario laisse entendre que l’économie des soins n’est pas la « vraie » économie. Pourtant, en 2024, un emploi sur cinq en Ontario – soit 1,4 million d’emplois – relevait de l’économie des soins.

« L’austérité financière du gouvernement ontarien et la dérision dont on fait preuve envers le personnel de la santé sont préjudiciables tant aux travailleuses et travailleurs qu’aux patient(e)s et aux communautés qui dépendent de leurs compétences et de leur engagement, a mis en garde M. Longhurst. Tout ça contribue à la détérioration des conditions de travail, à l’augmentation du nombre de postes vacants au sein du personnel hospitalier et, aujourd’hui, à la suppression d’emplois. »

« Nous recommandons vivement au gouvernement provincial de mettre en œuvre un plan ambitieux pour résoudre la crise du financement et de la capacité des hôpitaux, plutôt que de licencier du personnel. Les hôpitaux ont besoin de certitude quant au financement, qui devrait augmenter de 6 % par an. Autrement, les conséquences sont désastreuses pour les patients ».

Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario, la division du SCFP qui concerne les hôpitaux, a souligné que la forte augmentation des temps d’attente s’est produite avant la dernière série de réductions d’emplois dans les hôpitaux, qui a débuté à la fin de l’année dernière. 

« Quel que soit le critère retenu, nos hôpitaux ont besoin d’une augmentation substantielle de leurs effectifs et de leur capacité pour améliorer les temps d’attente, réduire la médecine de couloir et améliorer la qualité des soins prodigués aux patient(e)s, a-t-il dit. Cependant, le refus obstiné du gouvernement de faire face à l’augmentation des coûts des hôpitaux nous fait régresser. Des emplois disparaissent chaque jour, alors même que le manque de personnel étouffe le système. Le choix politique d’affamer nos hôpitaux publics est un échec délibéré. »

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