Le SCFP 1328, qui représente plus de 2 000 travailleuses et travailleurs de l’éducation du Conseil scolaire catholique de Toronto (TCDSB), soulève d’importantes préoccupations en lien avec des informations selon lesquelles les administrations scolaires ne sont plus tenues d’employer une travailleuse ou un travailleur auprès des enfants et des jeunes dans chaque école.
Selon le SCFP 1328, les directions ont été informées que les intervenant(e)s jeunesse devraient avant tout être affecté(e)s à des programmes d’éducation spéciaux, et non répondre aux différents besoins des écoles. Le syndicat considère certes que le travail des intervenant(e)s jeunesse est essentiel pour l’éducation spécialisée, mais prévient néanmoins que les cantonner dans ce rôle empêchera grandement les élèves d’accéder à des professionnel(le)s qualifié(e)s en santé mentale.
« Les intervenant(e)s jeunesse sont souvent les premières personnes à pouvoir aider les élèves en difficulté », affirme la présidente du SCFP 1328, Sharron Flynn. « Ces personnes bâtissent des liens de confiance, désamorcent des conflits, aident les jeunes à réguler leurs émotions et agissent rapidement avant que les situations problématiques ne se transforment en crises. »
Les travailleuses et travailleurs auprès des enfants et des jeunes jouent un rôle préventif crucial dans les écoles secondaires du TCDSB. Leur formation repose sur le développement des jeunes, la prise en compte des traumatismes, le désamorçage de conflits, la justice réparatrice et l’intervention socioémotionnelle. Contrairement aux travailleuses et travailleurs des services sociaux, qui sont souvent limité(e)s à un ou deux jours d’intervention par semaine dans plusieurs écoles, les intervenant(e)s jeunesse font partie intégrante des communautés scolaires. Au fil du temps, ces personnes développent des liens forts avec les élèves et les familles, ce qui en fait des personnes-ressources de confiance, et donc des points de contact moins intimidants – particulièrement pour les parents. Cela permet de s’occuper des problèmes sans tarder, et d’aider les élèves avant qu’une situation ne dégénère.
« Lorsque les intervenant(e)s jeunesse sont employé(e)s pour différentes tâches dans les écoles, ils et elles ne remplacent pas les travailleuses et travailleurs sociaux, mais deviennent leurs allié(e)s », déclare Lisa Townsend, vice-présidente du SCFP 1328. « Les travailleuses et travailleurs auprès des enfants et des jeunes aident à classer les problématiques, assurent un soutien continu et désengorgent un système déjà surchargé. Retirer ces gens des écoles nuit à nos jeunes. »
Le syndicat dénonce les tendances préoccupantes qu’il observe depuis 2014 environ, lorsque les travailleuses et travailleurs auprès des enfants et des jeunes ont été retiré(e)s des écoles primaires et affecté(e)s à des tâches éducatives plus spécifiques. Pendant cette même période, les écoles ont dû composer avec un nombre grandissant d’élèves ayant des besoins socioémotionnels complexes, ainsi qu’avec une montée en flèche des problèmes comportementaux et des incidents violents. Bien que les défis rencontrés découlent de plusieurs facteurs, le SCFP 1328 affirme que l’érosion des mesures préventives de soutien en santé mentale fondées sur les relations a ralenti la capacité d’intervention des écoles et nui au maintien d’environnements d’apprentissage sûrs.
Le SCFP 1328 exhorte le TCDSB à engager un dialogue constructif et à explorer des solutions visant à préserver et rétablir les mesures de soutien offertes par les travailleuses et travailleurs auprès des enfants et des jeunes à l’échelle des écoles, en reconnaissance de l’importance de leurs interventions par rapport au bien-être des élèves, à la sécurité du personnel et au bon fonctionnement des communautés scolaires.
« Nous serions ravi(e)s de discuter de cette question plus en détail, soutient Sharron Flynn. Il ne s’agit pas de diminuer les obstacles pour obtenir de l’aide en santé mentale, mais d’offrir aux élèves le soutien proactif et préventif qu’ils et elles méritent. »