Le SCFP 942 tire la sonnette d’alarme : la suppression de 15 emplois au Royal d’Ottawa, surtout en personnel infirmier et préposé(e)s aux soins personnels, va inévitablement réduire les services aux résident(e)s et affecter les conditions de travail. Lundi matin, le syndicat a tenu, avec le soutien du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP), un rassemblement à l’extérieur de l’établissement de soins de longue durée.

Le Royal d’Ottawa héberge 64 personnes ayant des troubles de santé mentale, des limitations physiques ou d’autres besoins complexes.

« La plupart des personnes qui vivent au Royal ne sont pas autonomes et dépendent donc énormément de l’équipe médicale et des préposé(e)s aux soins personnels. Elles ont besoin d’aide pour des choses aussi simples que manger, se laver, prendre un bain, marcher, etc. En coupant dans le personnel, on réduit leur qualité de vie et on augmente le risque d’accidents comme des chutes ou des fractures. Les conditions de travail se détérioreront forcément aussi. On verra alors une hausse du taux de blessures et d’épuisement professionnel, suivie de départs », se désole Amir Sigarchi, président du SCFP 942.

Selon lui, ces licenciements remettent en question la promesse du gouvernement de « réparer » les soins à long terme, puisqu’ils compromettent les avancées des dernières années. Le syndicat représente 83 membres du personnel infirmier et préposé(e)s aux soins personnels dans l’établissement, dont 14 sont licencié(e)s en même temps qu’une personne chargée de tâches administratives.

Amir Sigarchi ajoute : « C’est tellement décevant! On se bat depuis des années pour améliorer les conditions du personnel, et voilà que l’employeur impose des compressions en alléguant un déficit budgétaire. Or, les besoins ici sont vraiment complexes. Ces coupes reviennent à refuser de traiter ces gens avec la dignité et le respect qui leur sont dus. C’est honteux! »

À l’hôpital Royal d’Ottawa, l’établissement adjacent, cinq autres travailleuses et travailleurs représentés par le SCFP 942 ont aussi perdu leur emploi. Les compressions budgétaires font partie d’une vague de coupes qui balaie la province, notamment dans des hôpitaux de Hamilton, Niagara et North Bay.

Le financement insuffisant du gouvernement provincial en est la cause première, selon le SCFP. En octobre, le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario prévoyait la disparition de 9 000 emplois en soins infirmiers et en soins personnels d’ici 2027 et 2028, considérant le plan de dépenses du gouvernement.

« Le gouvernement provincial doit financer les services en santé mentale essentiels à ces gens », soutient Michael Hurley, président du CSHO-SCFP, qui représente 45 000 employé(e)s d’hôpitaux et de foyers de soins à longue durée, dont Le Royal d’Ottawa.

« Il est inacceptable qu’il sabre dans ces ressources vitales alors même qu’on manque cruellement à Ottawa de services en santé mentale dans les foyers de soins à longue durée. Nous exigeons du gouvernement qu’il finance correctement le Royal d’Ottawa afin que ce dernier puisse rétablir les postes coupés. »