Si le gouvernement envisage de faire à l’éducation ce qu’il a fait aux soins de santé, alors le Manitoba est en très grande difficulté, selon le SCFP-Manitoba, qui représente 36 000 travailleurs de la province.

« Les réformes de la santé en cours dans la province ont entraîné une fatigue chez les travailleurs et une pénurie de personnel avant le début de la pandémie, et maintenant ces problèmes sont devenus encore plus graves », a déclaré Abe Araya, président du SCFP-Manitoba.

« La menace imminente d’une réforme de l’éducation a déjà un impact sur le moral des travailleurs de première ligne et les éducateurs du système scolaire, à un moment où la priorité devrait être entièrement accordée au soutien de nos enfants. »

Tous les rapports sur la réforme de l’éducation qui ont été rédigés avant la pandémie sont maintenant archaïques et devraient être abandonnés, selon le SCFP.

« Nous savons maintenant qu’il est important d’avoir des conseils scolaires distincts dans nos diverses communautés afin de répondre directement aux besoins des familles. Il est aussi très important de s’assurer que le personnel de soutien scolaire dispose des ressources dont il a besoin pour aider nos enfants à rester en sécurité et pour offrir une éducation de la meilleure qualité possible. Ce n’est pas le moment de réformer l’éducation », a déclaré Abe Araya.

De plus, l’élimination de la taxe foncière pour l’éducation va éroder encore davantage les capacités des divisions scolaires à répondre aux besoins liés à l’éducation dans leurs communautés.

Soins de santé menacés

En ce qui concerne les soins de santé, le SCFP continue de demander au gouvernement d’augmenter les effectifs dans les foyers de soins de longue durée et d’offrir des congés de maladie payés appropriés aux employés de soutien de la santé qui doivent se mettre en quarantaine.

« Avant la pandémie, le SCFP a demandé au gouvernement de s’attaquer au problème devenu maintenant systémique du travail en effectif réduit dans la santé. Maintenant, nous constatons l’impact très grave de ce problème sur les employés et les résidents », a déclaré Debbie Boissonneault, présidente de la section locale 204 du SCFP, qui représente 14 000 travailleurs de la santé de la Régie régionale de la santé de Winnipeg et de Soins communs.

« Le gouvernement prévoit la modernisation des installations dans les foyers de soins de longue durée, mais pourquoi le gouvernement ne veut-il pas nous rencontrer pour discuter du niveau des effectifs? Pourquoi le gouvernement n’agit-il pas dès maintenant pour veiller à ce que notre personnel de soutien et nos résidents reçoivent les soins qu’ils méritent ? »

Bien que le gouvernement fédéral ait récemment annoncé 10 jours de congé de maladie payés pour les travailleurs canadiens touchés par la pandémie, cette mesure ne va pas assez loin pour soutenir les employés de première ligne qui ont déjà utilisé tous leurs congés de maladie et leurs vacances pour la période de quarantaine de 14 jours.

Certains employés ont déjà été en quarantaine plus d’une fois. Le gouvernement provincial devrait combler cet écart.

« Les employés de la santé, y compris ceux qui fournissent des soins à domicile, doivent être certains qu’ils ne seront pas pénalisés financièrement parce qu’ils prennent au sérieux l’isolement volontaire et le bien-être de leurs résidents », a déclaré Debbie Boissonneault.

« Depuis le début, les travailleurs de la santé sont aux premières lignes dans la lutte contre la COVID, et ils doivent pouvoir continuer à lutter pendant les mois et peut-être les années à venir. Ces congés de maladie limités sont essentiels pour leur permettre de prendre le temps de s’isoler, hors des établissements de santé s’ils tombent malades, que ce soit en raison de la COVID ou pour d’autres raisons. »

Le SCFP est également profondément préoccupé par le fait que le gouvernement provincial envisage peut-être de privatiser les services de soins à domicile pour les aînés.

« Les soins à domicile doivent rester dans le secteur public », a déclaré Debbie Boissonneault. « Les profits du secteur privé n’ont pas leur place dans la prestation des services de soins de santé à nos aînés, et ce gouvernement ne devrait pas être autorisé à privatiser ces services essentiels pour les aînés du Manitoba. »

Un « choix » préoccupant pour les garderies

Le SCFP s’inquiète du fait que le gouvernement compte aller plus loin vers les garderies privées à but lucratif sous le prétexte d’offrir un « choix », tout en laissant les garderies à but non lucratif continuer à se débrouiller tant bien que mal avec un financement insuffisant et les difficultés liées à la COVID.

L’avenir incertain de Manitoba Hydro

Selon le SCFP, Pallister affaiblit Manitoba Hydro, détruit Power Smart, privatise les filiales rentables d’hydroélectricité et pousse les employés vers les mises à pied malgré le besoin continuel d’un service d’énergie public solide.

« Pallister guide Hydro Manitoba vers la privatisation, et le SCFP craint qu’il n’utilise la pandémie comme une excuse pour vendre Hydro en tout ou en partie pour rembourser la dette », a expliqué Abe Araya. « Le gouvernement a fait des compressions très stratégiques chez Hydro, et les Manitobains devraient être très préoccupés par les plans de Pallister en ce qui concerne Hydro Manitoba. »

Enfin, le SCFP exhorte le gouvernement provincial à appuyer les milliers de travailleurs du Manitoba qui sont sans contrat depuis l’adoption de la loi anticonstitutionnelle sur le gel des salaires.

« Si Pallister se souciait des travailleurs, il se rendrait à la table de négociation et négocierait une entente équitable pour les milliers de travailleurs de première ligne qui travaillent fort pour protéger les Manitobains chaque jour. »