Le SCFP s’indigne : les coupes dans le financement réel des hôpitaux, annoncées dans le budget 2026 de l’Ontario, vont aggraver la crise à laquelle font face ces établissements, déjà les moins financés de tout le pays.
« Le gouvernement a augmenté le financement des hôpitaux de 4 %, ce qui correspond en réalité à une baisse de 2 % si on tient compte de la hausse de 6 % des coûts liés au vieillissement et à la croissance de la population. Ce déficit s’ajoute à la réduction de 2 % appliquée lors de l’exercice 2025 », explique Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP), qui représente 45 000 personnes.
Selon lui, le système hospitalier de l’Ontario n’a pas réussi à atteindre ses propres objectifs en raison des contraintes financières. Aux urgences, le temps d’attente moyen est de 20 h (bien au-delà de l’objectif de 8 h), et pour une chirurgie, les délais ont augmenté de 100 % depuis 2019. L’engorgement des hôpitaux a grimpé de 57 % depuis l’élection du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario en 2018.
Les mesures annoncées dans le budget vont causer encore plus de pertes d’emplois et de fermetures de lits, alors que le système a déjà atteint un point de rupture, dénonce Michael Hurley. Il rappelle que les hôpitaux ontariens ont dû supprimer des centaines d’emplois dans les derniers mois. Il affirme néanmoins que les travailleuses et travailleurs vont lutter pour protéger le système public.
« Le personnel des hôpitaux publics va mobiliser les communautés pour dénoncer ce budget et la dégradation des soins qu’il va entraîner, notamment du côté des délais d’attente et de l’engorgement », a assuré Michael Hurley.
Sharon Richer, secrétaire-trésorière du CSHO-SCFP, ne comprend pas la logique du gouvernement, qui veut réduire le financement du système hospitalier comptant déjà le moins de lits et de personnel au Canada.
« Le manque de personnel hospitalier est relié avec une augmentation des taux de mortalité, des infections nosocomiales et des taux de réadmission. On se dirige vers des coupes budgétaires de 8 % sur une période de trois ans. Les gens vont donc devoir attendre plus longtemps à l’hôpital, ils vont recevoir leurs congés trop tôt ou alors se faire refuser l’accès aux soins. C’est scandaleux. »
Le CSHO-SCFP a récemment publié un rapport qui réclame une augmentation de 3,2 milliards de dollars du financement des hôpitaux, pour combler l’écart entre l’Ontario et le reste du Canada, puis une augmentation annuelle de 6 % pour suivre le rythme de la croissance démographique et du vieillissement de la population.