Le moral du personnel est bas et le stress élevé au Kingston Health Sciences Centre (KHSC), près d’un an après le début de la pandémie de COVID-19.

Après des mois de longues heures exténuantes, de pénuries de personnel critique et d’absence de salaire pour les employés qui doivent s’isoler ou se mettre en quarantaine en raison d’une exposition à la COVID-19, Barb DeRoche, présidente du SCFP 1974, estime que ses membres (ils sont près de 2000) sont épuisés et démoralisés par la façon dont on les traite.

« La prime promise aux préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) ne s’est pas encore matérialisée, dit-elle. La pensée constante qu’on risque l’exposition au virus en raison d’un accès inadéquat à l’équipement de protection approprié et d’un manque croissant de personnel, alors que l’hôpital déborde, contribue au sentiment généralisé que le personnel n’est pas soutenu. Le moral est très bas. »

En Ontario, le nombre de travailleurs de la santé ayant contracté la COVID-19 approchait les 8000 au début de novembre 2020. D’après les données gouvernementales, ce nombre a presque doublé pour atteindre plus de 15 000 aujourd’hui.

« On compte autant de travailleurs de la santé tombés malades de la COVID-19 ces trois derniers mois qu’il y en a eu dans les dix mois précédents », déplore Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP).

Le personnel hospitalier évolue dans un environnement à haut risque « qui ressemble à une corde raide : les travailleurs ne disposent pas souvent de l’équipement de protection essentiel dont ils ont besoin pour assurer leur sécurité, ajoute-t-il. Et l’employé qui contracte la COVID-19 ou qui y est exposé perd sa paye pendant son isolement ou sa quarantaine. Dans la moitié des cas, sa réclamation à la CSPAAT sera contestée. Il n’est pas étonnant que les travailleurs se sentent abandonnés par le gouvernement Ford, comme 91 pour cent de nos membres nous l’ont indiqué dans un sondage. »

Le SCFP et le CSHO demandent au gouvernement Ford de fournir l’équipement de protection individuelle nécessaire et de couvrir le salaire des travailleurs malades ou qui doivent s’isoler.

« C’est le minimum que le gouvernement peut faire pour témoigner son soutien aux travailleurs hospitaliers », estime Barb DeRoche.