Le gouvernement libéral a l’intention de consacrer 10 milliards de dollars à des projets de développement durable par l’intermédiaire de la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC). Or, en agissant ainsi, il ne tient pas compte des nombreuses preuves démontrant le coût élevé de la privatisation. Les partenariats public-privé (PPP) sont risqués, et c’est le public qui paiera la facture des prêts privés et des remboursements de dette à long terme plus coûteux.

La somme annoncée sera consacrée à l’énergie propre, à Internet haute vitesse, à la modernisation des bâtiments, à l’irrigation agricole, aux autobus électriques et à l’infrastructure nécessaire pour les recharger. Cet investissement vert est essentiel, mais il devrait être entièrement financé par l’État.

De plus, le gouvernement fédéral devrait financer un Internet haute vitesse de qualité et abordable offert par un service public plutôt que des infrastructures privées. Tout projet de télécommunication, qu’il soit public ou privé, devrait d’ailleurs prévoir une prestation de services par les employés de l’entreprise, et non des sous-traitants, afin de maximiser les retombées pour la société.

En ce moment, le gouvernement fédéral peut emprunter de l’argent à un taux plus bas que jamais pour soutenir les infrastructures vertes nécessaires pour lutter contre les changements climatiques. Au lieu d’en profiter, il ouvre la porte à l’entreprise privée, l’invitant à faire de l’argent sur le dos de projets environnementaux essentiels. Une étude du SCFP démontre que le recours au financement privé peut plus que doubler le coût total d’un projet, réduisant ainsi le financement disponible pour la transition verte.

La BIC a pour mandat d’utiliser 35 milliards de dollars en fonds publics pour attirer et subventionner le secteur privé afin qu’il finance, détienne et exploite des projets d’infrastructure qui généreront des revenus. Malheureusement, c’est le public qui paiera la note par le biais de frais d’utilisation et de redevances nécessaires pour garantir ces revenus au secteur privé.

Au lieu d’investir dans la privatisation, le gouvernement devrait soutenir une reprise publique :

  • qui investit dans des projets publics en octroyant des subventions ou un financement à faible coût pour des projets d’infrastructure. 
  • qui simplifie les investissements pour que les dépenses nécessaires dans les infrastructures soient faites rapidement, tout en veillant à la mise en place de mesures de contrôle pour que les communautés et les groupes en quête d’équité puissent en profiter.
  • qui donne la priorité aux investissements verts qui sont détenus et exploités par les gouvernements, comme les énergies renouvelables et l’aide aux municipalités à s’adapter aux changements climatiques .
  • qui accorde la priorité aux infrastructures sociales dans des domaines comme la garde d’enfants, les soins de longue durée et le logement social, où une main-d’œuvre à prédominance féminine a été touchée de manière disproportionnée par la crise de la COVID-19. 

Enfin, le gouvernement fédéral devrait couvrir une plus grande part du coût des projets d’infrastructure afin de soulager les provinces, les territoires et les municipalités de l’intense pression financière qu’ils subissent en raison de la pandémie de COVID-19.