Les syndicats du secteur public dénoncent le manque d’initiative de la Ville de Windsor, qui n’a pas reconnu la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, le 30 septembre, comme jour férié.

Trois sections locales du SCFP se sont jointes à la section locale 455 de l’Association des pompières et pompiers professionnels de Windsor (WPFFA) pour exhorter l’administration municipale à adopter l’appel à l’action numéro 80 de la Commission de vérité et réconciliation, qui demandait un jour férié pour « honorer les survivants, leurs familles et leurs communautés et s’assurer que la commémoration de l’histoire et des séquelles des pensionnats demeure un élément essentiel du processus de réconciliation ».

« Nous croyons que la population et les gouvernements, partout au Canada, doivent prendre le temps de réfléchir aux séquelles des pensionnats et s’engager à mettre fin au cycle du colonialisme », a déclaré David Petten, président de la section locale 543 du SCFP, le syndicat de près de 1 200 cols blancs de la Ville de Windsor. 

Les autres dirigeants syndicaux de Windsor ont abondé dans le même sens : Rob Kolody, président du SCFP 82 (syndicat des cols bleus municipaux), Dan Rutherford, président du SCFP 2067 (syndicat du personnel de la bibliothèque publique de Windsor), et Kris Matton, président de la WPFFA

« Les pompiers et pompières de Windsor sont solidaires des peuples autochtones en quête de justice, a dit ce dernier. Nous appelons l’administration municipale à déclarer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation un jour férié. »

Le jour férié fédéral récemment établi pour marquer les atrocités du système des pensionnats ne s’applique pas aux municipalités ontariennes, en raison du refus du gouvernement provincial de déclarer ce jour férié.

Toutefois, les syndicats soulignent que les administrations municipales peuvent volontairement le reconnaître, comme l’ont fait plusieurs municipalités en Colombie-Britannique.

« Nous sommes conscients qu’un jour férié à lui seul n’entraînera pas de changements systémiques, mais nous pensons qu’un rappel annuel des séquelles des pensionnats, conjugué à de l’information et d’autres gestes, sont des étapes nécessaires sur la voie de la réconciliation », estime Rob Kolody.

Le SCFP participe à la marche de guérison Chaque enfant compte

Jeudi, les sections locales du SCFP participeront à un événement à Windsor : la Marche de guérison Chaque enfant compte. Celle-ci est organisée par les services aux étudiant(e)s autochtones du Collège St. Clair, Can-Am Urban Native Non-Profit Homes et le Centre d’éducation autochtone de l’Université de Windsor.

« Notre syndicat appuie pleinement les communautés autochtones et les organisations qui prennent des mesures significatives en vue de la réconciliation. La participation à cet événement s’inscrit dans ce processus. Mais, puisqu’il s’agit d’une journée de travail normale, la plupart de nos syndiqués ne pourront pas y être », déplore David Petten.

Néanmoins, la Ville de Windsor a acquiescé à la demande du SCFP 543 d’accorder du temps libre aux syndiqué(e)s autochtones qui souhaitent y assister. Le coût de ces dégagements est assumé par le syndicat.