C’est la question qu’a posée le SCFP-Alberta quand le gouvernement albertain a annoncé qu’il se tournerait une fois de plus vers les partenariats public-privé (PPP) pour construire des écoles, un modèle que le gouvernement a pourtant abandonné deux fois déjà par le passé.

La présidente du SCFP-Alberta Raj Uppal rappelle qu’en 2014, les conservateurs avaient également arrêté leur choix sur les PPP pour la construction d’écoles, mais avaient fini par faire marche arrière. Ils avaient ensuite retenté l’expérience en 2019, pour finalement reculer de nouveau en 2022.

Avec le modèle des PPP, le gouvernement économise au départ sur les coûts de construction, mais doit ensuite payer un loyer des décennies durant, ce qui coûte bien plus cher aux contribuables à long terme. De plus, les PPP créent des problèmes de partage des responsabilités concernant l’entretien et la rénovation des bâtiments. Le modèle permet cependant de sortir une grande partie de la dette afférente « hors bilan », ce qui est particulièrement séduisant pour le Parti conservateur uni, actuellement aux prises avec un énorme déficit, et ce, malgré des recettes record en redevances.

« Sauf si l’objectif est de graisser la patte d’entrepreneurs privés qui copinent avec le gouvernement, les PPP ne fonctionnent tout simplement pas, lance Raj Uppal. Étant déjà éclaboussé par le scandale du “Tylenol turc” et les soupçons de copinage là aussi, le gouvernement devrait pourtant se montrer plus prudent.

« L’Alberta a déjà renoncé deux fois au modèle des PPP. D’autres provinces aussi. Une fois de plus, ce sont les contribuables qui paieront, alors qu’on pourrait simplement construire nos écoles par la voie habituelle, bien plus sûre. »