Les détracteurs d’un projet de transports en commun privé à Montréal se demandent pourquoi celui-ci se qualifie pour une aide fédérale à la lumière des nouvelles exigences environnementales entourant les subventions fédérales dans l’infrastructure.

Luc Gagnon, spécialiste du changement climatique, a analysé l’impact du projet de train léger baptisé Réseau électrique métropolitain (REM). Selon lui, celui-ci accroît les émissions de gaz à effet de serre au lieu de les faire diminuer.

Pourtant, le 6 juillet, le ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, Amarjeet Sohi, annonçait que le fédéral subventionnerait uniquement les projets d’infrastructure qui sont bénéfiques à l’environnement, particulièrement en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES).

En juin, le fédéral confirmait l’octroi de 1,2 milliard de dollars au REM. Pourtant, ce projet a échoué au seul test indépendant sur les GES qu’on lui a fait passer.

« Les chiffres ne mentent pas, assure M. Gagnon : le REM produira beaucoup plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’il en éliminera. Le projet échoue si lamentablement au test environnemental que le gouvernement du Québec a dû passer un décret qui juge rétroactivement le REM conforme à la loi sur l’environnement. » M. Gagnon est un spécialiste dans l’évaluation des GES.

Le SCFP‑Québec fait partie de la coalition Trainsparence qui s’oppose au REM en raison de ses impacts écologiques et de son coût élevé, sans oublier le manque de planification et la conception axée sur le profit à tout prix.

En janvier, le REM n’a pas réussi à obtenir le feu vert du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) du Québec. Le BAPE citait, entre autres raisons, l’absence d’un essai climatique équitable et approfondi pour évaluer les émissions et les réductions de GES.

« Les promoteurs du REM n’ont pas tenu compte de facteurs aussi fondamentaux que l’étalement urbain, les matériaux de construction et l’élimination de la végétation, ajoute M. Gagnon. C’est hallucinant qu’au 21e siècle on envisage de dépenser entre 6 et 10 milliards de dollars sur une technologie SkyTrain qui est nocive pour l’environnement. »

L’analyse de M. Gagnon montre que le REM produira, dans les faits, entre 60 000 et 80 000 tonnes de GES par année. Le gouvernement du Québec refuse d’envisager d’autres options, même s’il existe d’autres technologies plus propres, plus efficaces et moins coûteuses.

Le rapport de Luc Gagnon