À la suite de la fermeture d’un organisme communautaire desservant quatre quartiers du nord-ouest de Toronto, plus de 100 résidents, militants et membres de syndicats inquiets ont demandé hier soir au gouvernement Wynne de « trouver le juste équilibre » afin de veiller à ce que les résidents de ces quartiers aient accès aux services dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin.

« Nous demandons aux gouvernements - en particulier au gouvernement Wynne - de faire plus que simplement s’assurer que les organismes communautaires, comme Doorsteps, ont les ressources nécessaires pour s’administrer eux-mêmes et pour fournir leurs programmes. Il est impératif que les organismes communautaires puissent également avoir accès à l’expertise qu’ils n’ont peut-être pas à l’interne », a déclaré Janet Prosper, porte-parole de la Coalition Doorsteps Neighbourhood Services, à la suite d’une réunion communautaire d’urgence qui a eu lieu hier soir au centre communautaire Domenico Diluca.

La coalition s’est formée après la fermeture de Doorsteps Neighbourhood Services, plus tôt ce mois-ci. Doorsteps fournissait un large éventail de services dans les quartiers du nord-ouest de Toronto de Jane/Finch, Chalkfarm, Falstaff et Daystrom, dont des services de garde d’enfants après l’école, des services de soutien aux personnes âgées et de l’aide pour les nouveaux arrivants au Canada.

« Doorsteps n’aurait pas dû fermer ses portes, mais le financement actuel et le modèle de gouvernance établis pour les organismes communautaires mènent très souvent les petits organismes à l’échec. Lorsque c’est le cas, les gouvernements refusent souvent d’intervenir pour assurer la viabilité de l’organisme », a déclaré Janet Prosper.

« Plutôt que d’offrir les services directement, les gouvernements fournissent un soutien financier aux organismes communautaires comme Doorsteps, mais en liant très souvent les fonds à des programmes précis, plutôt que d’appuyer les organismes directement. Le pendule est allé trop loin vers les programmes de financement, sans aucun égard pour l’ensemble des activités de l’organisme », a-t-elle ajouté.

Fred Hahn, président du SCFP-Ontario, a déclaré que la perte de Doorsteps « entraîne un vrai manque dans ces quartiers. La solution, c’est que les trois paliers de gouvernement, qui offrent un financement pour des services qu’ils préfèrent ne pas livrer eux-mêmes, trouvent le juste équilibre pour que des organismes comme Doorsteps puissent fournir les programmes, les administrer eux-mêmes efficacement, et aient accès à l’expertise nécessaire pour qu’ils puissent s’épanouir. »

Il a ajouté que le SCFP-Ontario allait soutenir les efforts de la coalition pour protéger les services de la communauté, parce que les gens de ces communautés ont le droit de s’attendre à ce que les services dont ils ont besoin leur soient offerts dans leurs quartiers, quand ils en ont besoin. »

Avant la fermeture, les employés de Doorsteps étaient représentés par la section locale 4772 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

La coalition a envoyé des invitations à plusieurs conseillers municipaux de Toronto, à des députés provinciaux et fédéraux dont les circonscriptions englobent ou longent l’aire de service de Doorsteps, ainsi que le maire, John Tory. Aucun d’eux n’a assisté à la réunion d’hier soir.

« Il est très décevant qu’aucun des politiciens locaux n’ait pris le temps d’écouter des gens si passionnés au sujet des services dont ils ont besoin. Des dizaines de personnes ont parlé haut et fort, hier soir, de l’impact positif de Doorsteps dans leur vie. Nous allons certainement travailler fort dans les jours à venir pour veiller à ce que leurs voix soient entendues », a dit Fred Hahn.