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Le rapport Drummond donne aux libéraux les excuses dont ils ont besoin pour s’éloigner des soins de santé publics dans ce qui constitue le « chapitre un » des réformes.

TORONTO – La publication aujourd’hui du rapport de Don Drummond sur l’examen des services publics en Ontario est le premier chapitre d’un guide de la privatisation du système de santé ontarien, selon Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP). 

En dégroupant les interventions médicales présentement offertes par les hôpitaux publics pour les répartir dans des cliniques privées disparates et en poussant les patients vers un système de soins à domicile où 10 000 Ontariens attendent déjà de recevoir les services dont ils ont besoin, les libéraux mettent la table pour la privatisation des soins de santé.

Plus tôt cet hiver, M. Drummond avait fait allusion à un processus de réforme de la santé en deux phases dans une entrevue qu’il accordait à l’émission The House à la CBC. « À un moment donné …il faut faire entrer des revenus…alors il faudra qu’il y ait un deuxième chapitre », a-t-il déclaré. Dans une autre entrevue, Don Drummond qualifie la Loi canadienne sur la santé de « désuète ». Plusieurs rapports rédigés par M. Drummond montrent clairement qu’il est en faveur d’une plus grande participation du secteur privé dans la santé, de l’instauration de frais d’utilisation et même de l’imposition d’une taxe aux plus malades de l’Ontario – en général les personnes âgées et les pauvres.

Les cliniques privées seront financées selon le principe de la rémunération à l’acte, un modèle qui, au Royaume-Uni, a ouvert la porte à la privatisation et à l’augmentation des frais en introduisant de nouveaux coûts administratifs.  En Ontario, la rémunération à l’acte des ophtalmologistes a déjà fait grimper leurs gains moyens à plus de 600 000 $.  Certains gagnent même plus de 1,1 million de dollars par année. 

L’alourdissement du système public de santé par la mise en place de nouveaux coûts administratifs et par la cupidité n’est pas une bonne politique gouvernementale. « Les travailleuses et les travailleurs ne pourront pas se payer ces services, ajoute Michael Hurley.  Entre-temps, les médecins recevront d’immenses avantages financiers.  Même si la ministre de la Santé soutient que pour l’heure, ces cliniques seront sans but lucratif,  il est toujours possible qu’une méga-multinationale de la santé les achète. »

ORNGE, une entreprise ontarienne d’ambulances aériennes, a été créée par les libéraux comme service sans but lucratif.  Mais même dans un cadre sans but lucratif, les directeurs d’ORNGE ont réussi à introduire le principe du profit.  « Ils ont joué avec le système et empoché des millions de dollars de fonds publics, déplore Michael Hurley.  Il semble que les libéraux ferment délibérément les yeux sur les leçons à tirer du fiasco d’ORNGE. Ils jouent avec le feu. »

Les hôpitaux ontariens sont considérés comme les plus efficaces au pays et les résultats pour les patients sont parmi les meilleurs.  Bien que les hôpitaux soient loin d’être parfaits, selon M. Hurley, il existe des mesures établies de longue date pour assurer la supervision et la reddition de comptes en matière de normes de soins et de contrôles financiers.

« Il est difficile d’imaginer pourquoi notre ministre de la Santé croit que les dialyses et autres interventions devraient se faire dans des roulottes et dans des centres commerciaux.  Souvent, les patients souffrent de maladies complexes qui exigent tout l’éventail des soutiens spécialisés offerts dans nos hôpitaux publics.  La situation changera radicalement avec ce nouveau modèle de cliniques privées », conclut Michael Hurley.


Pour en savoir plus :

Michael Hurley
Président, CSHO
416 884-0770

Stella Yeadon
Communications CSHO-SCFP
416 559-9300