Lisa Djevahirdjian | Service des communications du SCFP

Comme bien des journalistes, Anne Leclair a choisi le reportage pour influencer positivement le monde. Avec le temps, son métier l’a menée au mouvement syndical, qui s’avéra un outil puissant pour défendre non seulement ses collègues, mais aussi le journalisme.

« En tant que journaliste et militante syndicale, ce qui me préoccupe le plus, raconte-t-elle, c’est l’importance et la survie des nouvelles locales à l’ère des géants du Web qui accaparent presque toute l’assiette publicitaire, ne laissant que des miettes aux diffuseurs. »

Et s’il y a moins d’argent pour les salles de nouvelles, il y a moins de ressources pour chercher des informations, ce qui laisse le champ libre aux fausses nouvelles.

« Le SCFP-Québec mène des campagnes stimulantes pour promouvoir l’importance des nouvelles locales, poursuit Anne Leclair. Je suis fière de notre récente alliance avec d’autres grands joueurs de l’industrie sous la bannière de la Coalition pour la culture et les médias (coalitionculturemedias.ca). Nous nous dressons contre les géants du Web comme Google, Apple, Facebook, Amazon, Netflix et Spotify. Nous exigeons qu’ils soient soumis aux mêmes conditions fiscales et réglementaires qui s’appliquent à toutes les entreprises canadiennes. »

Du personnel à l’universel : son parcours

En 1998, Anne Leclair s’installe à Québec pour un poste permanent de journaliste. Après quelques années, elle souhaite retourner à Montréal, mais sa convention collective ne reconnaît pas l’ancienneté d’un endroit à l’autre, même si tous les journalistes, indépendamment de leur base, participent au même téléjournal montréalais.

« Ça m’a semblé injuste. Le syndicat est venu à ma défense ; il a négocié une clause dans notre convention collective qui nous considère comme faisant partie de la même équipe ayant le même lieu de travail, égalisant les chances entre journalistes comme entre tous les employés. »

Elle a voulu rendre service à son tour : elle est devenue déléguée syndicale, avant d’être élue secrétaire-archiviste, puis de se joindre au comité de négociation.

« J’étais incertaine au début, parce que les syndiqués les plus militants étaient surtout des techniciens, mais un bon ami et collègue m’a convaincu que le personnel de la rédaction avait besoin d’une meilleure représentation et que le syndicat avait besoin de plus de femmes. J’ai fait le saut et je ne l’ai jamais regretté. Aujourd’hui, je préside ma section locale, et je suis vice-présidente radio télé du Conseil provincial du secteur des communications (CPSC) du SCFP-Québec. Je suis également coprésidente du Conseil national des communications du SCFP, pour lequel nous planifions la prochaine conférence sectorielle qui aura lieu à Ottawa en novembre. »