Le SCFP dénonce les plans du gouvernement fédéral visant à accélérer l’approbation des grands projets d’infrastructure, qui profiteraient surtout aux investisseurs privés.
Le gouvernement Carney sollicite des commentaires sur son Bureau des grands projets. Le SCFP a présenté un mémoire qui met l’accent sur les dangers de prendre des raccourcis pour approuver les projets plus rapidement.
Nous demandons au gouvernement de revoir son approche, de fonder ses décisions sur des données probantes et de considérer les soins de santé, les services éducatifs à la petite enfance, le logement et l’éducation comme des priorités majeures. Nous l’exhortons également à miser sur des projets d’infrastructures publiques, comme la construction d’un réseau électrique est-ouest, qui créeront des emplois, stimuleront l’économie et amélioreront les services publics.
Un tapis rouge pour les investisseurs privés
Le plan libéral pour les grands projets d’infrastructure déroule le tapis rouge aux investisseurs privés, tout en affaiblissant les protections indispensables aux travailleuses et travailleurs ainsi que les normes environnementales, et en contournant les obligations du gouvernement envers les peuples autochtones.
La consultation sur le Bureau des grands projets s’inscrit dans une série de mesures du gouvernement libéral qui font passer des changements d’envergure à toute vitesse, avec une participation publique limitée. La vision du gouvernement Carney pour l’avenir du pays semble avoir été conçue par et pour les grandes entreprises et les employeurs, tandis que la voix des travailleuses et travailleurs est ignorée.
Des approbations accélérées au prix de raccourcis dangereux
Dans sa volonté d’accélérer l’approbation de projets d’infrastructure et d’extraction de ressources naturelles, le gouvernement Carney entend prendre des raccourcis dangereux, affaiblir les mécanismes de reddition de comptes et faire fi du devoir du Canada de consulter réellement les peuples autochtones. Bon nombre des projets à l’étude sont des projets privés ou réalisés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP).
Le SCFP craint que des processus d’approbation précipités et opaques menacent certaines protections essentielles pour les travailleuses et travailleurs et l’environnement, et que des projets soient désignés « d’intérêt public » avant même d’avoir fait l’objet d’une évaluation complète et d’une expertise approfondie. Les travailleuses et travailleurs, comme l’ensemble de la population, en feront les frais.
Des pouvoirs sans précédent pour les ministres
Le plan accorde à des ministres, sur une base individuelle, de nouveaux pouvoirs pour modifier les conditions que les projets doivent remplir afin de pouvoir aller de l’avant. Les entreprises pourraient ainsi obtenir plus facilement l’approbation de leurs projets, en influençant une seule personne élue, plutôt qu’en passant par l’ensemble du cabinet et des expert(e)s responsables d’examiner et d’encadrer les projets.
Les coupes fédérales dans les ministères et organismes chargés d’évaluer les projets d’infrastructure constituent un autre signal d’alarme. En réduisant l’expertise interne et en limitant la participation du public ainsi que l’apport de spécialistes, le gouvernement risque de s’appuyer sur des informations fournies par les promoteurs mêmes qui ont tout à gagner de l’approbation de leurs projets.
Des projets publics pour un pays plus fort
Le mémoire du SCFP met en lumière les avantages économiques et sociaux des projets publics, comme les établissements de santé, les services éducatifs à la petite enfance, le logement communautaire, les écoles, les collèges et les universités. Ces projets aideront notre pays à traverser les guerres commerciales et les autres chocs économiques, en assurant les services dont tout le monde dépend. En période difficile, les services publics sont une bouée de sauvetage et une source d’emplois bien rémunérés à faible empreinte carbone.
Le SCFP appuie les projets d’infrastructure publics qui rendent nos communautés plus fortes. L’intention du gouvernement fédéral de soutenir le développement d’un réseau électrique est-ouest est encourageante, mais le SCFP demeure prudent et continuera de faire pression pour que les projets soient réalisés correctement. C’est lorsque les projets avancent à un rythme qui respecte les droits des travailleuses et travailleurs et ceux des peuples autochtones, tout en tenant compte de l’avis d’expert(e)s, qu’ils peuvent contribuer à bâtir un pays plus résilient.
Lisez le mémoire du SCFP.
