Ce matin, les membres du SCFP 786 travaillant au centre St. Joseph’s Healthcare Hamilton ont tenu un rassemblement afin de protester contre les suppressions d’emplois. Pour pallier le sous-financement provincial, la direction de l’hôpital a choisi d’abolir plus de 60 postes parmi les préposé(e)s aux services de soutien à la personne et les travailleuses et travailleurs administratifs.
« C’est inacceptable! C’est complètement illogique d’abolir des postes en pleine pénurie de personnel, alors qu’on peine à maintenir des services de qualité acceptable », s’offusque Rick Rigby, président du SCFP 786, qui représente environ 2 000 membres du personnel hospitalier.
« Nos membres veulent simplement aller au boulot pour fournir des soins attentionnés et dignes de ce nom. La tendance actuelle consistant à réduire les coûts à tout prix sape le moral des troupes et augmente le stress et la violence en milieu de travail. Ça nuit énormément à notre capacité à offrir les meilleurs soins possibles. Le gouvernement doit absolument mettre fin à ses compressions budgétaires », ajoute-t-il.
L’augmentation du financement hospitalier « jusqu’à 4 % » promise par la province est en fait une coupe déguisée puisque les dépenses ont augmenté de 6 %.
Dans un rapport récent du Centre canadien de politiques alternatives, on souligne qu’en raison des pénuries de lits et de personnel, les temps d’attente aux urgences sont en hausse partout dans la province. Le centre St. Joseph’s Healthcare Hamilton n’y échappe pas : en 2024-2025, 90 % des patient(e)s ont attendu 33,6 heures avant d’obtenir un lit, comparativement à 30,8 heures il y a cinq ans.
En plus de la suppression d’emplois, la direction de l’hôpital a diminué le nombre d’heures travaillées la fin de semaine par le personnel administratif. Leurs responsabilités sont imposées aux infirmières et infirmiers, qui manquent alors de temps pour soigner les patient(e)s, comme le dénonce Rick Rigby.
« On sait l’importance vitale qu’a le ratio infirmière/patient(e)s, alors comment peut-on demander au personnel infirmier d’accomplir des tâches administratives? C’est dangereux! Il y a une incidence réelle sur la santé des patient(e)s lorsqu’on les prive des soins nécessaires », se désole-t-il.
Le président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP, Michael Hurley, a aussi commenté la situation : « En coupant le financement, le gouvernement déstabilise délibérément les hôpitaux au moment même où ceux-ci doivent s’adapter à la hausse démographique et aux besoins d’une population vieillissante. »
« Ces compressions budgétaires ont des conséquences lourdes et traumatisantes pour les patient(e)s, particulièrement pour les personnes âgées, qui passent en moyenne une journée et demie sur une civière dans un couloir et ne reçoivent pas les soins requis à temps par manque de personnel, continue-t-il. Les travailleuses et travailleurs en milieu hospitalier ne resteront pas les bras croisés devant cette dégradation des soins causée par un gouvernement qui réduit chaque année de plus en plus les dépenses. »