Les récents changements d’effectifs à l’hôpital Ross Memorial ont créé des conditions dangereuses pour le personnel ainsi que les patient(e)s, affirment les travailleuses et travailleurs de la santé représentés par le SCFP qui se sont rassemblés à l’extérieur de l’établissement jeudi matin.
Heather Nugent, infirmière auxiliaire autorisée et présidente du SCFP 1909, fait observer que la pénurie de personnel s’aggrave depuis que l’hôpital a décidé, il y a quelques semaines, de réduire les heures de travail en raison d’un manque de financement gouvernemental.
« On a besoin d’un niveau d’effectif approprié qui permet aux travailleuses et travailleurs de la santé de fournir des soins de qualité aux patientes et aux patients, dit-elle. Il arrive souvent que le nombre de patientes et patients augmente sans qu’on ait assez de personnel pour s’en occuper, ce qui accroît les risques de blessures chez les travailleuses et travailleurs en plus de les empêcher de répondre aux besoins des gens. Le gouvernement provincial doit agir et veiller à bien financer notre hôpital. »
La présidente ajoute que certains services de l’hôpital manquaient de personnel même avant les changements récents, qui ont ajouté du stress et une grosse charge de travail. C’est le cas, notamment, des équipes des soins infirmiers, de la pharmacie, de la cuisine et du retraitement des dispositifs médicaux.
Du côté des soins infirmiers, Heather Nugent donne comme exemple l’unité de soins complexes, où le ratio infirmière/patient(e)s peut atteindre 1:10, alors que dans l’idéal, chaque infirmière et infirmier ne devrait pas s’occuper de plus de 6 personnes.
Selon elle, le gouvernement devrait porter attention aux longs temps d’attente à l’urgence, car ils sont souvent considérés comme un signal d’alarme révélateur du rendement général de l’hôpital.
Les dernières données provinciales montrent que seulement 32 % des patientes et patients à l’hôpital Ross Memorial sont admis dans le délai cible de 8 heures, et que le temps d’attente moyen à l’urgence est de 15,3 heures.
Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP), souligne que les réductions du financement en dollars réels imposées cette année aux hôpitaux par le gouvernement provincial ont entraîné plus de 2 000 suppressions de postes en Ontario.
« Le gouvernement provincial doit arrêter de sous-financer les services essentiels dont les gens ont désespérément besoin », soutient le président du CSHO-SCFP, qui représente 46 000 travailleuses et travailleurs de la santé au sein du SCFP, dont le personnel de l’hôpital Ross Memorial. « Tous les indicateurs montrent que l’hôpital a besoin d’un plus grand nombre de ressources pour fournir des services de santé de qualité décente à la communauté. Le fait que le gouvernement se décharge de ses responsabilités a de graves conséquences pour les patientes et patients qui dépendent de ces services. »