Le Jour de deuil national met en lumière des lacunes dans la protection des travailleuses et travailleurs en Ontario : le SCFP 1750 appelle à la réforme de la CSPAAT

En ce 28 avril, Jour de deuil national, les membres du SCFP 1750-OCEU joignent leur voix à celles de leurs collègues en Ontario pour exiger une amélioration immédiate du système de protection des travailleuses et travailleurs, en mémoire des victimes – mortes ou vivantes – d’accidents de travail et de maladies professionnelles.

Le SCFP 1750 représente plus de 3 800 personnes auprès de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) et de l’Infrastructure Health & Safety Association (IHSA). Cette année, le syndicat profite de cette journée de deuil pour renouveler son appel à la réforme dans le cadre de sa campagne visant à mieux protéger les travailleuses et travailleurs de la province.

« Le temps est venu de joindre l’action à la commémoration », affirme Harry Goslin, président du SCFP 1750-OCEU. « Chaque jour, on voit les conséquences du manque de protection sur le terrain, mais aussi lorsque les travailleuses et travailleurs se tournent vers le système d’indemnisation pour apprendre qu’ils font partie du quart des personnes non couvertes en Ontario. »

Si le syndicat salue les améliorations récemment annoncées par le gouvernement provincial – notamment l’augmentation de l’indemnisation en cas de perte de revenus (de 85 à 90 %), la possible prolongation des prestations au-delà de 65 ans et l’élargissement de la couverture aux foyers de soins privés –, il rappelle que ça ne comblera pas tous les besoins.

« Ça montre que les choses peuvent progresser, poursuit Harry Goslin, mais il reste que trop de travailleuses et travailleurs passent entre les mailles d’un filet qui ne cesse de s’étioler. »

En Ontario seulement, 1,56 million de personnes – un quart des travailleuses et travailleurs – ne sont pas couvertes par la CSPAAT et n’ont donc pas accès à des indemnisations en cas d’accident de travail ou de maladie professionnelle. Au même moment, le personnel de première ligne de la CSPAAT vit une surcharge de travail considérable. Un récent sondage fait même état de la pire surcharge de travail au Canada depuis deux années de suite.

« Cette situation a des conséquences bien réelles. Le manque de personnel se répercute sur les services, et ce sont les Ontariens et les Ontariennes pour qui nous travaillons qui en paient le prix », ajoute le président du SCFP 1750-OCEU.

Par l’entremise de sa campagne pour une couverture universelle, le syndicat exhorte le gouvernement provincial à prendre des mesures concrètes pour remédier à la situation et accroître la protection des travailleuses et travailleurs. Il demande notamment les actions suivantes :

  • Élargir la couverture à toutes les personnes qui travaillent en Ontario 
  • Mettre fin à la discrimination fondée sur l’âge pour les prestations 
  • Ramener les prestations de sécurité de la retraite et les indemnisations à ce qu’elles étaient avant les compressions 
  • Investir davantage dans la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles 
  • Mettre fin à la pratique de la « présomption », qui réduit les prestations en se basant sur des critères professionnels irréalistes 
  • Tenir les employeurs responsables de réduire le nombre de blessures au travail 
  • Embaucher suffisamment de personnel à la CSPAAT pour assurer un service rapide et efficace 

« Les travailleuses et travailleurs de l’Ontario méritent de pouvoir compter sur un système qui répond à leurs besoins en situation de vulnérabilité, conclut Harry Goslin. Le but de notre campagne est de protéger les personnes qui sont trop souvent laissées pour compte parce qu’elles sont blessées, malades ou sans couverture. »

En ce Jour de deuil national, les syndicats de toute la province appellent les élu(e)s, les employeurs et le public à honorer les travailleuses et travailleurs par leurs actions, et non seulement par leurs paroles.

Harry Goslin rappelle que « la meilleure façon de rendre hommage aux personnes décédées est de se battre pour celles qui vivent; nul ne devrait se retrouver sans protection, obligé de lutter pour obtenir un traitement équitable après un accident de travail ».

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