Comment les agent(e)s de bord membres du SCFP à Air Canada ont résisté à une directive de retour au travail

Wesley Lesosky, le président de la composante d’Air Canada du SCFP, est venu raconter aux personnes déléguées au congrès du SCFP–Colombie-Britannique comment les agent(e)s de bord d’Air Canada ont tenu tête à la plus grande compagnie aérienne du pays ainsi qu’au gouvernement fédéral – et ont gagné leur point.

« Tout a commencé par une bonne organisation. Contrairement à la dernière négociation, on a commencé deux ans en amont », explique celui qui préside aussi la Division du transport aérien du SCFP.

Pendant deux ans, le syndicat s’est donc mobilisé autour du slogan de campagne Le travail non payé, c’est du vol!

« On avait besoin que les gens soient derrière nous, d’où l’importance d’une campagne destinée au public. La population ne porte déjà pas [Air Canada] dans son cœur; il fallait montrer que le mauvais traitement vécu par les passagères et passagers, les agent(e)s de bord le subissaient également au quotidien, en devant travailler plusieurs heures sans rémunération. »

Wesley Lesosky explique que les progrès se sont longtemps fait attendre : après neuf mois de négociations, la question du travail non rémunéré et des salaires équitables était encore bien loin d’être réglée.

C’est pourquoi les agent(e)s de bord ont voté à 99 % en faveur d’un mandat de grève. Le gouvernement fédéral a alors tenté de les priver de leur droit de grève en les forçant à retourner au travail. Loin de courber l’échine, les membres du SCFP ont défié le gouvernement et quitté leur poste pour rejoindre les lignes de piquetage.

« Ici, à Vancouver, on a été les premiers à sortir pour afficher notre force et notre solidarité. Nous avons bloqué les activités d’Air Canada d’est en ouest, de l’Asie à l’Australie. »

Les lignes de piquetage et les avions cloués au sol ont fait plier Air Canada, qui s’est tourné vers Wesley Lesosky et le comité de négociation.

« Air Canada voulait enfin négocier. Ça a pris quelques jours, mais on a réussi, et c’est grâce à la résistance de nos membres envers l’entreprise et le gouvernement fédéral », poursuit Wesley Lesosky, en remerciant du même souffle les dirigeant(e)s nationaux pour leur présence sur les lignes de piquetage, ainsi que le personnel du SCFP pour leur soutien en coulisse.

Bien qu’une entente visant à éliminer le travail non rémunéré ait été conclue, il reste du travail à accomplir et le président de la composante d’Air Canada et de la Division du transport aérien du SCFP affirme que les préparatifs en vue des prochaines négociations ont déjà commencé.

« S’il faut reprendre les mêmes tactiques en 2029, on va le faire. Et on va gagner. On n’acceptera jamais de se voir ainsi dévalorisé(e)s. Ce qu’on a traversé et les leçons qu’on en a tirées n’ont fait que nous unifier et nous renforcer. »

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