Niagara Region Emergency Medical Service, le service médical d’urgence de la région de Niagara, met la sécurité des gens en danger en ne fournissant pas aux répartitrices, répartiteurs, ambulancières paramédicales et ambulanciers paramédicaux les ressources dont ils ont besoin pour servir la population, affirme le SCFP 911.

Le syndicat demande à Niagara EMS et à la municipalité régionale d’agir sans tarder pour éviter de compromettre la santé et la sécurité des gens qui ont désespérément besoin d’une attention et de soins immédiats. Le syndicat attire également l’attention sur le grave épuisement professionnel et le taux élevé d’accidents de travail chez ses travailleuses et travailleurs.

« Depuis de nombreuses années, ces gens manquent de personnel et de ressources, alors que la demande en services médicaux d’urgence augmente constamment », explique Jon Brunarski, président du SCFP 911 et ambulancier paramédical. « Ces lacunes nous privent de la capacité requise pour répondre aux appels au 911 à temps; elles ont de graves conséquences sur les soins aux patientes et patients. »

La tendance à la hausse du volume d’appels s’est aggravée pendant la pandémie

Avant la COVID-19, le volume d’appels aux SMU était en hausse constante en Ontario. M. Brunarski souligne que la pandémie a exacerbé cette crise. On a enregistré un nombre d’appels record au cours des quatre derniers mois, sans que le personnel reçoive du soutien supplémentaire. 

« La situation s’est aggravée pendant la pandémie, dit-il. Nous avons été inondés d’appels, sans ajout correspondant de personnel et d’ambulances. »

« Les gens qui appellent le 911 doivent souvent attendre longtemps avant que nous nous présentions à leur porte, faute d’ambulance disponible. »

« Il est grand temps que Niagara EMS et la municipalité régionale admettent le problème et se concentrent sur sa résolution. Ils doivent embaucher du personnel à temps plein et ajouter des ambulances sur la route. »

Les retards de déchargement dans les hôpitaux contribuent à la pénurie d’ambulances

À l’hôpital, les ambulances doivent attendre avant de décharger la patiente ou le patient, faute de lit. Et cela explique en grande partie les délais d’intervention. Au cours des sept derniers mois, près de 350 patientes et patients de Niagara sont restés bloqués pendant quatre à six heures en raison de retards de déchargement. Soixante-trois ont passé plus de six heures sur une civière d’ambulance.

« Ces délais de déchargement sont absolument épouvantables; les gens ne reçoivent pas les soins requis à temps, déplore Jon Brunarski. Ça peut même être fatal. »

La province au complet doit composer avec ces délais, mais ceux-ci sont particulièrement problématiques dans la région de Niagara. L’emplacement de Niagara Health à St. Catherine se classe au dernier rang parmi 74 sites hospitaliers pour le délai moyen de déchargement au cours des onze derniers mois, selon les données de Santé Ontario.

Le manque de capacité hospitalière en Ontario est la principale raison des retards de déchargement. L’Ontario a le plus petit nombre de lits hospitaliers par habitant au Canada, en raison des compressions dramatiques des 30 dernières années. Le nombre de lits par 1 000 personnes est passé de 4,8 dans les années 1990 à 2,2 aujourd’hui. La moyenne dans le reste du Canada est de 3,2 lits hospitaliers pour 1 000 personnes.

Taux élevé d’épuisement professionnel et d’accidents

En raison de la charge de travail intense et du manque de personnel, les ambulancières et ambulanciers paramédicaux sautent régulièrement leur pause repas et font des heures supplémentaires. Au lieu d’embaucher plus de personnel, Niagara EMS est devenu dépendant des heures supplémentaires, ce qui contribue à l’épuisement professionnel et aux accidents de travail.

Par rapport à la période d’avril à août de l’année dernière, l’utilisation des congés de maladie a augmenté de 33 pour cent chez les ambulancières et ambulanciers paramédicaux en 2021, et de 30 pour cent chez les répartitrices et répartiteurs.

« Ce n’est pas viable pour nous de travailler des quarts de douze heures sans pause, prévient Jon Brunarski. Et il n’est pas viable de travailler pendant des mois sans pouvoir se reposer et récupérer. Les ambulancières et ambulanciers paramédicaux s’épuisent et se blessent. »

La vaccination obligatoire aggrave le problème, puisque le personnel sera placé en congé administratif sans solde à compter du 8 décembre.

« La grande majorité des ambulancières et ambulanciers paramédicaux de Niagara sont vaccinés, précise M. Brunarksi. Et notre syndicat continue d’encourager ses membres à se faire vacciner. Néanmoins, mettre des travailleuses et des travailleurs de première ligne en congé sans solde ne fera qu’ajouter à la charge de travail des autres qui, comme moi, sont doublement vaccinés. »

* Veuillez noter que les liens sont disponibles en anglais seulement.