Lutter contre la précarité à la table de négociations

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Graham Cox | Service de Recherche du SCFP

À l’Université de Guelph au cours de la dernière décennie, l’employeur s’est servi du phénomène d’attrition pour réduire le nombre de concierges et d’employés de soutien.

La situation s’est détériorée : 39 travailleurs temporaires sont restés bloqués sur des contrats de trois mois, constamment renouvelés, pendant sept ans dans certains cas. Parallèlement à cette précarité accrue, l’évaluation de la qualité du nettoyage a chuté de « modérément sale » à « malpropreté négligente » selon les normes établies par l’université.

Les dernières négociations se sont déroulées de novembre 2017 à mars 2018. Dès le premier jour, l’administration a déclaré qu’elle sous-traiterait les 39 postes, même si la convention collective l’interdit (la clause prévoit qu’« aucun employé régulier à temps plein ne peut être licencié en raison de la sous-traitance »).

En réponse, le Comité de coordination des travailleurs universitaires de l’Ontario a lancé une campagne en ligne et sur le terrain pour souligner la réduction des normes de propreté et encourager les membres à défendre leur travail. La section locale a obtenu un mandat de grève avec un vote à 96 pour cent. À la table, elle a stoppé la sous-traitance et transformé les contrats « temporaires » en postes à plein temps.

Grâce à l’effort collectif de la section locale et au soutien d’une campagne du SCFP à plus grande échelle, les syndiqués ont obtenu la création d’un poste de « concierge 1 » qui assume les tâches que l’administration destinait à l’externe. Ce poste s’accompagne d’un taux horaire de 17,75 $ avec tous les avantages sociaux. Les employés temporaires actuels sont exemptés de la période d’essai.

De plus, l’équipe de négociation a obtenu pour les travailleurs temporaires tous les avantages sociaux et le régime de retraite !

La précarité est à la baisse pour nos membres. Les 39 travailleurs temporaires se sont vu offrir des postes réguliers à temps plein : 14 concierges 3, 14 concierges 1 et 11 détachements. Six mois plus tard, les 39 concierges ont atteint le grade de concierge 3 ou 4 et l’université a commencé à embaucher des concierges de grade 1.

La section locale a également négocié des lettres d’entente interdisant tout licenciement ou attrition pour la durée de la convention collective. Enfin, elle s’est entendue avec l’employeur pour permettre le recours à des travailleurs temporaires uniquement pour les remplacements d’invalidité de longue durée, lorsqu’aucun employé à temps plein n’accepte un détachement à ce poste.

Si votre section locale fait face à des pressions similaires, n’oubliez pas qu’un vote de grève fort et une campagne publique peuvent faire la différence !