Lundi, la section locale 1252 du SCFP, le syndicat qui représente plus de 9 000 travailleurs de la santé au Nouveau-Brunswick, a tenu une conférence de presse virtuelle pour demander au gouvernement de reconnaître le travail effectué par les infirmières auxiliaires autorisées (IAA).  

« Le système de soins de santé repose largement sur les épaules des IAA pour les soins hospitaliers et extra-muraux. Malgré cela, le gouvernement du NB refuse toujours de reconnaître l’importance et la portée de cette profession dans le système de soins de santé aujourd’hui. Nous sommes au bord d’une crise de recrutement et de rétention. Quand-est-ce que le gouvernement reconnaîtra-t-il les changements qui devraient être apportés à leurs salaires et à leurs conditions de travail ? » a demandé Norma Robinson, présidente du Conseil des syndicats hospitaliers du NB (Section locale 1252).   

Le CSHNB a demandé que le gouvernement fasse immédiatement ce qui suit :  

  1. Terminer le processus d’évaluation conjointe des emplois (exigé par le syndicat il y a deux ans) afin que les IAA obtiennent une reconnaissance immédiate de leur salaire ; 
  2. Reconnaître que les IAA du Nouveau-Brunswick devraient avoir le droit d’être appelées infirmières, comme dans toutes les autres provinces canadiennes ; 
  3. Régler les problèmes de recrutement et de rétention en reconnaissant la valeur de leur travail et en les rémunérant en conséquence, comme le font les autres provinces de l’Atlantique ; et 
  4. Abandonner le plan de gel salarial et de mandats de restriction salariale pour à tous les travailleurs du secteur public. Higgs devrait se présenter à la table des négociations avec une augmentation de salaire respectueuse pour tous les travailleurs de la santé, car les « zéros » qu’il leur promet sont un manque de respect total envers ceux et celles qu’il appelle pourtant les « héros de première ligne ». 

Les IAA sont des infirmières de première ligne que les patients voient tous les jours dans les hôpitaux. Elles sont responsables de la gestion des plans de soins aux patients. Aujourd’hui, elles travaillent en collaboration avec les infirmières et les médecins pour faire bien plus que des soins de base aux patients. Le SCFP 1252 note que le champ de pratique des IAA est à 90 % celui d’une infirmière autorisée au Nouveau-Brunswick, mais que les IAA ne gagnent que 64 % du salaire horaire d’une infirmière autorisée. 

« Malgré l’augmentation des exigences en matière de travail, de compétences et de formation, malgré les pressions exercées par la COVID-19 sur les IAA, le gouvernement du Nouveau-Brunswick n’a rien fait pour ajuster ce qui est le pire des régimes de rémunération et de reconnaissance des IAA dans toutes les provinces de l’Atlantique. Les IAA du Nouveau-Brunswick gagnent en moyenne 14 % de moins que les IAA de l’Î.-P.-É., de la N.-É. et de T.-N.-L. », dénonce-t-elle.  

« Récemment, les IAA ont fait part de leurs inquiétudes aux médias, sur la façon dont il pourrait y avoir un exode des travailleurs si rien n’est fait, et je suis d’accord : si le gouvernement n’agit pas, la situation va s’aggraver », a ajouté Norma Robinson. 

Au cours de la conférence de presse, Mme Robinson a condamné la stratégie actuelle de « diviser pour mieux régner » utilisée par les politiciens et les rédacteurs de journaux de Brunswick News pour tromper les travailleurs et les amener à blâmer leurs syndicats pour les mauvaises conditions de travail.  « Soyons clairs, la direction et le gouvernement décident des conditions de travail, et les syndicats font pression pendant les négociations pour obtenir l’équité et la reconnaissance de tous. Mais avec le plan de gel des salaires de Higgs, ils ne laissent aucune place à la négociation de bonne foi et à l’équité pour les IAA », a déclaré Mme Robinson.  

« Les travailleurs sont poussés au maximum, ce plan de gel des salaires est une bombe à retardement. Les IAA sont épuisées et ont assez attendu. Nous invitons tous nos membres à pousser le gouvernement à sortir de son inaction », a conclu M. Robinson.   

Quelques faits en bref :  

  • Il y a plus de 4000 IAA au Nouveau-Brunswick, dont la moitié travaille dans les hôpitaux, le reste travaillant principalement dans des foyers de soins de longue durée et des foyers de soins spéciaux. La section locale 1252 du SCFP représente plus de 2000 IAA dans le système de santé du Nouveau-Brunswick.  
  • Il y a deux ans, le gouvernement a promis dans la convention collective de mener un processus d’évaluation conjointe des emplois, afin d’ajuster correctement la reconnaissance et les salaires des IAA dans les services aux patients. Le gouvernement actuel a bloqué le processus pour éviter de rémunérer équitablement les IAA
  • Il y a un besoin urgent d’IAA : Environ 200 sont diplômées chaque année au NB, mais plus de 800 prendront leur retraite au cours des 5 prochaines années. 
  • Au fil des ans, les exigences en matière de formation des IAA au NB ont augmenté : initialement, il s’agissait d’un programme de 12 mois, mais il est devenu un programme d’études de 18 mois en 2004 et a été porté à 24 mois en 2012.