Les caisses de retraite sont à l’affût de projets d’investissement dans les infrastructures. Elles font pression sur les gouvernements pour qu’ils vendent des actifs comme des routes, des services publics et des aéroports. Or, la privatisation risque de nous coûter tous plus cher. Le SCFP a produit une nouvelle trousse pour guider ses membres qui veulent éviter que nos régimes de retraite contribuent à la privatisation.

Les commentaires du responsable de l’investissement des régimes de retraites du secteur public fédéraux témoignent de l’intérêt des régimes de pension pour la privatisation, une soif qui cible les gouvernements en difficulté financière.

Le chef de l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC), Mark Machin, a récemment déclaré au Globe and Mail que « si les gouvernements veulent lever des fonds, ils obtiendront des prix incroyables pour les actifs d’infrastructure […] où qu’ils se trouvent dans le monde. » L’accent est mis sur les infrastructures qui génèrent des frais d’utilisation, comme les services d’eau potable et d’eaux usées, les services publics d’électricité et les routes à péage.

Cette pression s’ajoute à celle déjà exercée par la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) du gouvernement libéral, une société d’État fédérale qui négocie des accords de privatisation avec de gros investisseurs comme les caisses de retraite. Ignorant les preuves que la privatisation nous emmène dans la mauvaise direction, le fédéral affirme que la BIC devrait stimuler notre reprise économique.

« Nous ne laisserons pas la reprise économique de la COVID-19 se transformer en une grosse vente de feu au profit d’investisseurs privés comme les caisses de retraite, prévient le président national du SCFP, Mark Hancock.  Dans cette reconstruction, nous devons investir dans une infrastructure entièrement publique et qui soutient les travailleurs, les collectivités et l’économie. »

Les partenariats public-privé (PPP) et les autres stratagèmes de privatisation profitent aux entreprises et aux investisseurs privés, pas aux Canadiens. Ils coûtent plus cher que les projets publics et font grimper les frais d’utilisation. Ils offrent une qualité moindre et un service inférieur. Enfin, ils nuisent aux travailleurs et aux personnes qui dépendent des services publics. Les membres du SCFP ne veulent pas que leur salaire différé soit investi de manière à nuire aux travailleurs et aux citoyens, ou à mettre en péril la réputation ou la stabilité de leurs régimes de retraite.

L’OIRPC a déjà investi dans des PPP et d’autres stratagèmes de privatisation. Par exemple, il est actionnaire majoritaire de la controversée autoroute 407 en Ontario, qui facture des péages toujours plus élevés aux usagers qui l’empruntent. Certains des plus importants régimes de retraite au travail au Canada, y compris les régimes de membres du SCFP, profitent de projets d’infrastructure privatisés au pays et à l’étranger.

La crise climatique sert aussi de prétexte à la privatisation des infrastructures vertes. Les caisses de retraite cherchent à tirer profit des infrastructures liées au climat avec des politiques d’investissement « vert ». La BIC tente même de verdir ses plans d’investissements avec de grands investisseurs.

« Nous devons de toute urgence intensifier les investissements dans les infrastructures liées au climat, comme le transport en commun et l’énergie propre, mais nous devons garder le contrôle de ces projets », estime le secrétaire-trésorier national du SCFP, Charles Fleury. « La privatisation fera passer le profit avant la planète. Elle ne garantira pas une transition juste pour les travailleurs et les communautés vers une économie durable. »

La trousse Évitons que nos régimes de retraite contribuent à la privatisation met en évidence les dangers des investissements des caisses de retraite dans les PPP et les autres formes de privatisation. Elle contient des idées d’action pour les fiduciaires et les membres du SCFP.