Les travailleuses et travailleurs de la santé représentés par le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP (CSHO-SCFP) se sont rassemblés aujourd’hui devant le bureau du député progressiste-conservateur David Piccini pour protester contre les coupes budgétaires imposées par le gouvernement provincial.
Le gouvernement de Doug Ford a récemment dit aux hôpitaux de prévoir une hausse de financement annuelle de 2 % pour les trois prochaines années, un pourcentage bien en deçà de l’augmentation annuelle de 6 % observée dans les coûts, ce qui a accéléré les coupes dans les hôpitaux de presque toutes les collectivités.
Au moins 1 000 emplois ont été supprimés ou sont en voie de l’être dans les hôpitaux de North Bay, Hamilton, Ottawa, Niagara et du Grand Toronto. L’Association des hôpitaux de l’Ontario prévient que « les choix ne seront pas faciles » en raison du déficit d’un milliard de dollars à l’échelle de la province.
« Il est inexcusable de réduire le financement lorsque 73 000 personnes attendent une chirurgie au-delà des délais cliniquement recommandés et que 2 000 autres croupissent sur des civières dans les couloirs », s’est offusqué Michael Hurley, président du CSHO-SCFP, lequel représente 45 000 travailleuses et travailleurs de la santé. « Le plan de financement du gouvernement progressiste-conservateur, qui s’étend jusqu’en 2027-2028, aura des conséquences désastreuses pour de nombreuses personnes ayant besoin de soins hospitaliers en Ontario. »
Le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario, un organisme non partisan, prévoit que le plan du gouvernement entraînera la suppression de plus de 9 000 emplois chez le personnel infirmier et les préposé(e)s aux soins personnels, ainsi que la fermeture de près de 2 400 lits d’hôpitaux.
Michael Hurley déplore la situation : « Comment le gouvernement peut-il même envisager de réduire le nombre de lits quand ses hôpitaux comptent à l’heure actuelle 2 000 patient(e)s qui reçoivent des soins dans les couloirs vu le manque de lits? »
Le SCFP a récemment publié le nouveau rapport Au bord du gouffre : les coupes projetées accentueront la crise des hôpitaux en Ontario, lequel examine les ressources supplémentaires qui seraient requises pour simplement maintenir le niveau de service actuel, en les comparant avec les coupes planifiées par le gouvernement d’ici 2027-2028. Le rapport souligne une pénurie à prévoir de 4 080 lits dans le réseau de la santé.
Selon Sharon Richer, secrétaire-trésorière du CSHO-SCFP, ces problèmes découlent des choix du gouvernement de l’Ontario. La province est celle qui finance le moins ses hôpitaux au Canada, lui procurant ainsi l’effectif le moins nombreux.
« Il faut augmenter considérablement le nombre de lits et la dotation en personnel. Sinon, il sera impossible de rattraper les retards accumulés, de réduire les délais d’attente et de freiner la médecine de couloir, comme l’avait promis le Parti progressiste-conservateur de Doug Ford lors de sa campagne électorale de 2018. Et c’est sans oublier qu’il faut faire face à une inévitable hausse de la demande, considérant notre population croissante et vieillissante. »
Le syndicat recommande au gouvernement provincial de prendre les mesures suivantes :
- À court terme, ajouter 6 200 lits pour sortir les patient(e)s du couloir, tenir compte du vieillissement et de la croissance de la population et résorber le retard accumulé dans les listes d’attente des chirurgies.
- Augmenter le financement de base des hôpitaux de 3,2 milliards de dollars pour combler les déficits et embaucher du personnel supplémentaire.
- Financer les hôpitaux en fonction des coûts réels (hausse de 6 % par année) avec un engagement de financement pluriannuel.