À la même période l’an dernier, la région de York célébrait sa nomination dans le classement Forbes des meilleurs employeurs au Canada. Cette année, la région ne figure même pas parmi les 300 premières places, confirmant ce qui est évident depuis longtemps pour les membres du SCFP 4900 : la Municipalité régionale de York n’est plus un employeur de choix.
La liste de cette année reflète une baisse drastique de la satisfaction des travailleuses et travailleurs, ainsi qu’un décalage croissant entre le quotidien de la main-d’œuvre et la réputation dont jouit la région de York, pourtant classée sixième employeur du secteur public l’an dernier.
Un sondage mené récemment auprès des membres du SCFP 4900 a révélé qu’environ la moitié des travailleuses et travailleurs de la Municipalité régionale de York ne vivent pas dans la région de York, en grande partie parce que leur salaire ne leur permet pas d’y assumer le coût du loyer. Le sondage a également fait ressortir que 41 % des membres ont un deuxième emploi pour joindre les deux bouts et que 53 % peinent à payer leur loyer ou leur hypothèque mois après mois.
« Les meilleurs employeurs n’ont pas pour effectif des gens qui doivent tirer le diable par la queue. Ça fait plusieurs années que la Municipalité régionale de York invoque son classement comme preuve qu’elle est un excellent employeur, mais elle ne cesse d’ignorer les changements réclamés par son propre personnel », confie Crystal Cook, infirmière auxiliaire autorisée et présidente du SCFP 4900. « Les personnes qui gagnent un salaire décent n’ont pas besoin de se rendre dans les banques alimentaires ni de se servir d’une carte de crédit pour en rembourser une autre. »
Au-delà de leurs difficultés financières, les membres du SCFP 4900 font état d’un taux croissant de stress et d’épuisement professionnel, mais la direction ne se soucie guère de son effectif ou de la viabilité de la charge de travail. Non seulement ignore-t-elle les besoins des travailleuses et travailleurs, mais elle a également tenté de briser leur solidarité et de miner leur confiance envers leur syndicat après le rejet d’une entente provisoire en décembre.
Tous ces facteurs mis ensemble expliquent pourquoi la Municipalité régionale de York n’est devenue qu’un tremplin pour les personnes qui souhaitent se former et acquérir de l’expérience avant de partir vers d’autres horizons pour bénéficier à la fois d’un meilleur salaire et d’un soutien accru.
« Le classement Forbes n’est pas un problème de relations publiques à gérer, mais un problème de culture d’entreprise à résoudre, précise Crystal Cook. Si la Municipalité régionale de York souhaite rétablir sa réputation d’employeur de choix et regagner la confiance du personnel, elle doit d’abord être à notre écoute, respecter notre syndicat et s’attaquer aux difficultés bien réelles auxquelles nous sommes confronté(e)s au travail et à la maison. Les honneurs et les distinctions sont le fruit d’actions tangibles, pas de slogans. »
Depuis plus de six semaines maintenant, moment où l’entente de principe a été rejetée, le SCFP 4900 tente de revenir à la table de négociation pour trouver des solutions concrètes aux problèmes qui touchent ses membres et la population locale. Les deux parties reprendront enfin les négociations cette semaine.