Le SCFP, le plus grand syndicat du Manitoba estime que, même si le budget 2026 du Manitoba n’a pas complètement raté sa cible, il reste encore du travail à faire.
Le budget comporte en effet une omission flagrante : le refus persistant de légiférer sur les niveaux de dotation pour le personnel de soutien des foyers de soins personnels.
« Avoir un ratio d’une infirmière ou d’un infirmier pour cinquante patient(e)s est inacceptable, mais le personnel infirmier ne travaille pas seul : les aides-soignant(e)s et les aides-diététicien(ne)s, qui participent chaque jour aux soins directs, sont eux et elles aussi en sous-effectif constant », déplore Margaret Schroeder, présidente du SCFP 204.
« Les soins de santé exigent de la collaboration, et si l’on veut véritablement renforcer les effectifs, il faut également inclure le personnel de soutien dans l’équipe. »
Le SCFP se réjouit de la mise en place de nouvelles mesures de soutien à la santé mentale au sein du Centre des sciences de la santé, mais s’inquiète de l’absence de plan prévoyant la réduction du recours aux services privés ou l’abolition des heures supplémentaires obligatoires pour le personnel de soutien.
Le SCFP espérait également voir de réelles améliorations pour le personnel de soutien de première ligne en éducation, dont les aides-enseignant(e)s.
« Trop nombreux sont les employé(e)s du système scolaire, de la maternelle au secondaire, qui n’ont aucune certitude quant à leur retraite », dénonce Gina McKay, présidente du SCFP-Manitoba. « On veut augmenter les effectifs dans nos écoles et faire de ces emplois une véritable carrière, mais c’est difficile quand on demeure les seuls à ne pas avoir de véritable régime de retraite au Canada. »
Le défi à relever est encore plus grand pour le personnel scolaire des zones rurales du Manitoba, et ce budget ne contribue guère à assurer l’équité entre les travailleuses et travailleurs de Winnipeg et ceux des régions périphériques. « Depuis trop longtemps, les divisions scolaires rurales paient leur personnel jusqu’à 30 % moins que leurs contreparties urbaines, explique Gina McKay. Maintenant que les salaires du personnel enseignant sont ajustés, il est temps de mettre fin à cette inégalité pour le personnel de soutien. »
Le budget prévoit toutefois d’excellentes avancées en éducation à la petite enfance, dont une promesse de 2 000 nouvelles places et une augmentation des salaires dans ce secteur.
