Le Conseil scolaire catholique de Toronto (TCDSB) a annoncé jeudi dernier qu’il allait complètement éliminer son programme de langues internationales, un programme de longue date. Pas moins de 77 professeur(e)s dévoué(e)s perdront ainsi leur emploi.

« C’est une décision terrible et irréfléchie », s’exclame Val Di Gregorio, présidente du SCFP 3155, qui représente les professeur(e)s de langues. « Ce programme enrichit la vie d’élèves, renforce les communautés et établit des relations culturelles depuis des décennies. L’éliminer prive non seulement les élèves de belles expériences, mais entraîne également une perte d’emploi pour 77 professeur(e)s compétent(e)s et passionné(e)s. Ce sont des personnes essentielles dont on ne peut pas se passer dans les écoles. »

Cette décision mettra un terme soudain au programme de langues internationales, qui donne, depuis plus de 50 ans, la possibilité aux élèves du TCDSB d’apprendre une troisième langue, dont l’ukrainien, l’espagnol, le mandarin, l’italien et le portugais.

Ce programme aide également les élèves à acquérir des compétences en communication, à renforcer leur sensibilisation culturelle et à apprécier davantage la diversité au Canada et partout dans le monde.

« C’est très décevant », déplore Joe Tigani, président du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) du SCFP. « Cette décision est directement attribuable aux années de sous-financement du système d’éducation public sous Doug Ford et Paul Calandra, qui ont retiré des milliards de dollars du système. Ces coupes obligent les conseils scolaires à faire des choix déchirants, mais il est tout à fait possible d’éviter l’élimination du programme. Les élèves, les familles et les travailleuses et travailleurs ne devraient pas avoir à subir les conséquences des décisions irréfléchies et absurdes prises à Queen’s Park. »

Il n’est pas si étonnant que la décision ait été prise par le superviseur qui a été affecté au TCDSB par Doug Ford. Il est clair qu’on n’a pas décidé de placer les conseils scolaires sous tutelle pour investir dans les salles de classe. Au contraire, l’objectif est de réduire les effectifs et les budgets au détriment des travailleuses et travailleurs, ainsi que des élèves.

Le syndicat signale que ces coupes auront des répercussions durables sur les travailleuses et travailleurs touchés, mais aussi sur les élèves et les familles pour qui le programme est une ressource éducative et culturelle essentielle.

Le SCFP 3155 et le CSCSO pressent le TCDSB de revenir sur sa décision et de dialoguer de façon sincère avec les travailleuses et travailleurs de l’éducation ainsi qu’avec la communauté pour trouver des options qui permettraient de conserver à la fois les emplois et le programme.