L’accès à des services d’eau et d’assainissement sécuritaires et fiables est un droit de la personne. C’est aussi un critère de base pour avoir des communautés en santé. Malheureusement, au Canada, le droit à l’eau de nombreuses communautés autochtones est bafoué. Les pressions croissantes en faveur de la privatisation menacent aussi les services et les ressources en eau.

La pandémie de COVID-19 a mis en lumière toute l’importance de l’eau potable pour notre santé et notre sécurité. Une eau propre pour se laver les mains est essentielle pour enrayer la propagation du virus. C’est pourtant impossible pour les Autochtones qui vivent dans des logements surpeuplés, sans accès à l’eau potable.

La colonisation continue d’avoir des effets dévastateurs sur les communautés autochtones. L’accès à l’eau et à l’assainissement sont des droits de la personne en vertu du droit international, mais de nombreuses communautés autochtones du Canada ont de l’eau impropre à la consommation et même pour se laver. Certaines communautés sont dans cette situation depuis des décennies. D’autres n’ont aucun réseau d’aqueduc et d’égout.

Même avant le début de la pandémie l’an dernier, le gouvernement libéral fédéral n’était pas en voie de respecter son engagement de lever tous les avis d’ébullition de l’eau dans les communautés des Premières nations d’ici mars 2021. Pire encore, le plan fédéral ne prévoit pas un financement prévisible à long terme suffisant pour les activités et l’entretien des infrastructures en eau. C’est pourtant essentiel pour mettre fin à la crise.

Les peuples autochtones défendent leur eau et leurs territoires et revendiquent leur contrôle afin de se protéger des politiques et des gestes discriminatoires connus sous le nom de racisme environnemental. C’est une forme de racisme systémique qui affecte de manière disproportionnée les peuples autochtones, noirs et racisés. De nombreuses communautés autochtones dépendent de sources d’eau qui ont été endommagées par des projets de mise en valeur des ressources naturelles ou qui sont menacées par de nouveaux projets de développement sur leurs territoires. L’extraction commerciale des ressources, y compris l’industrie de l’eau en bouteille, draine les sources d’eau, alors que les communautés autochtones voisines n’ont pas accès à l’eau potable (en anglais seulement).

Pour ces raisons et bien d’autres, les membres du SCFP ont adopté une résolution lors du congrès de 2019 proclamant que « l’eau, c’est la vie » et reconnaissant ce droit fondamental pour tous. Cette résolution soutient la réconciliation en honorant le rôle des peuples autochtones comme intendants et protecteurs des eaux de leurs terres visées par un traité et de leurs territoires traditionnels non cédés.

Le SCFP est depuis longtemps un défenseur des services publics d’aqueduc et d’égout. Pendant la pandémie de COVID-19, nous devons être à l’affût des nouvelles menaces pour notre eau, y compris celle que représente la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC). La banque de privatisation du gouvernement libéral cible les réseaux d’aqueduc et d’égout, ainsi que les municipalités et les communautés autochtones à court de liquidités.

Nous pouvons stopper la propagation de la privatisation de l’eau en rapatriant les services à l’interne. Certaines municipalités font le choix de mettre fin à la privatisation, reprenant la propriété et le contrôle des services d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées. Informez-vous sur la façon de rapatrier les services d’aqueduc et d’égout à l’interne et restez à l’affût des signes de privatisation dans votre communauté.

Apprendre, agir et intéresser

  • Surveillez le lancement prochain de la campagne L’eau, c’est la vie, menée par le Conseil national des Autochtones du SCFP. Lisez cet article de La Réplique sur le besoin urgent de réseaux d’aqueduc et d’égout sécuritaires, fiables et bien entretenus dans les communautés autochtones et sur l’appel à l’action pour protéger l’eau des territoires autochtones.
  • Soyez aux aguets quant à la présence de la Banque de l’infrastructure du Canada dans votre communauté. Partagez la liste de questions que les municipalités doivent se poser dressée par le SCFP avec vos élus municipaux et avec les membres de votre section locale. Informez-vous sur l’échec du premier projet de privatisation de l’eau de la BIC. Vous trouverez d’autres ressources sur la BIC au scfp.ca/pas-a-vendre.
  • Utilisez notre liste de points à vérifier pour repérer les signes avant-coureurs de privatisation pendant la pandémie. Partagez-la avec les membres de votre section locale.
  • Commandez des exemplaires de Ramener les services à l’interne. Ce rapport documente les bienfaits du rapatriement des services municipaux à l’interne et fait état plusieurs cas de rapatriement des services d’eau dans des communautés canadiennes.