Les employés de soins de santé participant à une manifestation provinciale pour réclamer une augmentation du financement des hôpitaux ont appris la triste nouvelle qu’un aîné qui s’est vu refuser l’admission à l’hôpital pour être renvoyé au foyer de soins infirmiers où il résidait est décédé en route. « Cette nouvelle et d’autres histoires semblables sont le résultat de plusieurs années de compressions budgétaires imposées par le gouvernement libéral provincial aux hôpitaux et dans les soins de santé. De nombreux patients fragiles et malades et les pensionnaires de foyers de soins de longue durée n’obtiennent pas les soins qu’ils méritent. Les personnes âgées sont touchées de façon disproportionnée. C’est une situation horrible créée par un gouvernement », a dit Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO).

Contrairement à l’investissement dans les soins de santé auquel les libéraux avaient fait allusion dans leur mémoire prébudgétaire, le pourcentage de financement global des programmes de soins de santé de la province diminuera en 2017. Le total des dépenses des programmes devrait augmenter de 4,9 %, alors que le financement des soins de santé devrait augmenter de seulement 2,9 %. Les dépenses des programmes, à l’exception des soins de santé, devraient augmenter de 71,3 $ milliards à 75,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 6,2 %. Les dépenses dans les soins de santé baissent de 3,2 % par rapport à l’ensemble des dépenses des programmes en augmentation des autres ministères. Les compressions budgétaires sur 8 ans totalisent 30 %, alors que la population a augmenté et vieilli.

« Ce n’est pas vrai que le gouvernement a entendu la réclamation de meilleurs hôpitaux et d’une augmentation du financement des soins de longue durée. À ce niveau actuel de financement, les hôpitaux continueront d’être surpeuplés. Le personnel ne sera pas suffisant pour répondre aux besoins des patients de plus en plus malades, et les pensionnaires des foyers de soins de longue durée se verront refuser la norme de soins de 4 heures qui améliorerait la qualité de leur vie », a déclaré Sharon Richer, secrétaire-trésorière du CSHO et ancienne employée de l’hôpital de Sudbury.

Avant le budget d’avril, le CSHO/SCFP et d’autres organismes, dont l’Association des hôpitaux de l’Ontario, ont réclamé une augmentation de financement d’environ 5 % pour les hôpitaux. Mais le budget n’a pas fourni ce dont les hôpitaux et les foyers de soins de longue durée ont besoin, même pour payer les augmentations des coûts causées par l’inflation, et ce sans tenir compte de la croissance et du vieillissement de la population, selon Hurley. « La province est à court de plusieurs centaines de millions de dollars, et nous encourageons les deux partis d’opposition à exercer des pressions pour que les hôpitaux et les foyers de soins de longue durée obtiennent le financement nécessaire dans leurs collectivités. »

Le parti conservateur de l’Ontario n’a pas publié ses plans de financement de la santé publique. Ses efforts sont axés sur l’élimination du déficit de 390 milliards de dollars de l’Ontario. « Par conséquent, on peut prévoir que les conservateurs imposeraient aux hôpitaux des compressions budgétaires pires encore que celles des libéraux », a déclaré Hurley.

Même si le NPD offrait un financement légèrement plus élevé que les libéraux, en réalité, il réduirait les budgets.

« Les membres de notre rassemblement demandent aux trois partis de revenir à la raison concernant le financement des hôpitaux et de mettre fin aux compressions budgétaires, a déclaré Hurley. Les patients souffrent d’un manque de soins. D’autres ne meurent seuls dans des foyers de soins de longue durée sans infirmière ni préposé aux services de soutien à la personne pour les accompagner, parce qu’il n’y a pas assez de personnel. C’est cela que ces trois partis politiques devraient avoir sur la conscience et c’est pourquoi ils devraient tous s’efforcer de faire mieux en ce qui concerne le financement des soins de santé », a conclu Hurley.

Cette manifestation de Sudbury est la quatrième d’une série d’événements semblables qui ont déjà eu lieu à Kingston, Hamilton et Kenora.