L’hôpital et les patients de North Bay n’échapperont pas aux compressions résultant de la réduction des dépenses de l’État de quatre pour cent, des réductions d’impôts de sept milliards de dollars et de la course à l’équilibre budgétaire, toutes promises par les progressistes-conservateurs en campagne électorale. C’est l’avertissement que lance le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP). Si on ajoute la restructuration et la privatisation, on peut s’attendre à des coupes encore plus pernicieuses, selon un nouveau rapport intitulé Hallway Medicine: It Can Be Fixed (traduction libre : La médecine de couloir, on peut s’en défaire) et rendu public mercredi à North Bay.

Le CSHO, la division hospitalière du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), a chiffré les trois grandes promesses de Doug Ford pour anticiper leur incidence sur plusieurs hôpitaux communautaires de la province, y compris le Centre régional de santé de North Bay (NBRHC).

Au cours de la campagne électorale de ce printemps, Ford a promis de mettre fin à la « médecine de couloir ». De nombreux patients ontariens sont obligés de passer plusieurs jours sur une civière dans un couloir, quand ils ne sont pas renvoyés chez eux alors qu’ils sont gravement malades. Ce sont les victimes d’une décennie de compressions dans les hôpitaux et de la disparition de 18 000 lits au cours des vingt dernières années.

Le rapport de recherche du SCFP formule plusieurs recommandations pour mettre fin à la médecine de couloir. On y constate aussi que, loin de mettre fin au surpeuplement hospitalier, les baisses d’impôts et les projets de réduction des coûts dans la fonction publique, combinés à la promesse d’éliminer le déficit, viendront diminuer substantiellement le financement des hôpitaux.

« Nous pouvons mettre fin à la médecine de couloir, mais en investissant pour répondre aux besoins d’une population vieillissante et en croissance », explique le président du CSHO, Michael Hurley. « Ces investissements supplémentaires ne sont pas permanents, mais ils sont nécessaires pour la survie de la génération du baby-boom. Sans eux, l’hôpital de North Bay, déjà confronté à une surcapacité et à des années de sous-financement, ne sera pas en mesure de maintenir la qualité des soins aux patients face aux pressions démographiques. »