Au pays, les organisations de défense de l’environnement et des droits de la personne subissent un harcèlement sans précédent de la part du gouvernement conservateur fédéral. Les groupes qui sonnent l’alarme à propos de l’impact des sables bitumineux sur l’environnement ou ceux qui dénoncent les violations des droits de la personne dans le monde voient maintenant leur statut d’organisme de bienfaisance remis en question. Ils doivent remplir des montagnes de documents pour se conformer aux vérifications ciblées de l’Agence du revenu du Canada.

Ce sont en fait les activités politiques de ces groupes qui ont le statut d’organisme de bienfaisance qui sont visées. Par exemple, leurs activités respectent-elles la « règle du 10 pour cent »? Cette règle prévoit que le statut d’organisme de bienfaisance peut être révoqué si des organisations consacrent plus de 10 pour cent de leur financement à des activités politiques. Le gouvernement fédéral conservateur s’en prend aux défenseurs des droits de la personne et de l’environnement pour faire taire l’opposition à sa politique étrangère.

La politique étrangère du Canada a toujours privilégié les droits de la personne, le maintien de la paix et l’aide humanitaire pour appuyer les pays les plus pauvres, en particulier en Afrique. Les politiques du Canada en matière de diplomatie, de commerce et d’investissement servent désormais l’intérêt économique des grandes sociétés. Qu’il s’agisse du contrôle des ressources pétrolières au Moyen-Orient ou des profits des minières en Amérique centrale et en Amérique du Sud, la politique étrangère du Canada est maintenant axée sur l’aide aux entreprises.

Le budget fédéral de 2013 annonçait que l’Agence canadienne de développement international (ACDI) fusionnerait avec le ministère des Affaires étrangères et du commerce international (MAÉCI), liant ainsi explicitement l’intérêt des entreprises à l’aide au développement.

Le gouvernement fédéral intervient vigoureusement auprès de l’Union européenne et des États-Unis en faveur des sables bitumineux et du pétrole sale afin de préserver les marchés internationaux pour ces produits.

Il s’est attiré les critiques et la condamnation de pays de partout sur la planète pour son refus d’agir en matière de changements climatiques.

La politique étrangère du Canada a des conséquences désastreuses pour les travailleurs d’autres pays. C’est dans ce contexte que les organisations non gouvernementales se sentent visées par le gouvernement conservateur lorsqu’elles dénoncent l’impact de politiques canadiennes sur les communautés du monde entier.

Commerce et investissement

Les accords sur le commerce international et les investissements, que l’on nomme « accords de libre-échange » (ALÉ), prolifèrent dans le monde. Les dirigeants de grandes entreprises font la promotion de ces ententes auprès des gouvernements afin de réaliser des profits là où la privatisation et la déréglementation sont imposées. Les ALÉ affaiblissent le secteur public et consolident le pouvoir des grandes entreprises au détriment des personnes les plus vulnérables dans le monde.

En janvier 2014, des militants du Canada, des États-Unis et du Mexique se sont rassemblés à Mexico pour dénoncer le véritable impact de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) sur les communautés et les travailleurs.

Ils ont conclu que depuis la signature de l’ALÉNA, les inégalités et l’appauvrissement ont augmenté, tout comme le chômage la dégradation de l’environnement.

L’Accord économique et commercial global (AÉCG) est présentement négocié. Cette entente de libre-échange de « nouvelle génération » va encore plus loin que l’ALÉNA pour protéger les activités des entreprises contre les contrôles gouvernementaux. Le SCFP s’oppose toujours vigoureusement à l’AÉCG parce qu’il aura des effets sur la façon dont les administrations locales se procurent des biens et des services, en plus notamment de perturber les politiques locales de développement économique, de faire grimper le coût des médicaments et d’imposer de nouveaux mécanismes de règlements des différends entre les investisseurs et les États.

Mais l’AÉCG n’est que la pointe de l’iceberg du soutien et de la promotion du libre-échange par le Canada. Notre pays fait toujours partie du Partenariat transpacifique (PTP), un accord de libre-échange multilatéral dont la négociation est considérée comme la moins transparente et la plus secrète de toute l’histoire du Canada. L’entente engloberait 12 pays (États-Unis, Japon, Australie, Pérou, Malaisie, Vietnam, Nouvelle-Zélande, Chili, Singapour, Canada, Mexique et Brunei Darussalam).

L’objectif de ces accords est de confier la gestion des services de l’État aux entreprises privées et d’en interdire l’accès à ceux qui ne peuvent pas se les payer. Ils favorisent les profits, tout en réduisant l’accès à des services que les Canadiens considèrent comme des droits garantis pour tous.

Ces accords éliminent le contrôle démocratique de notre économie et de notre société en imposant des lois qui limitent notre capacité d’action.

Au début de 2012, une vingtaine de membres de l’Organisation mondiale du commerce, dont le Canada, se sont donné le titre de « vrais amis des services » (The Really Good Friends of Services), avant de lancer des pourparlers officieux et secrets en vue de la conclusion d’un traité qui libéralisera encore plus le commerce et les investissements dans le secteur des services. Ce nouveau traité s’appelle l’Accord sur le commerce des services (ACS). L’ACS est un accord qui cherche à affaiblir les services publics en privilégiant la privatisation et la déréglementation, en plus d’encadrer la façon dont les secteurs des services peuvent être régis, entre autres en restreignant le droit des gouvernements et des parlements de les réglementer. L’ACS représente un danger manifeste pour le secteur public au Canada.

Ce projet d’accord est le résultat direct des pressions systématiques exercées par les sociétés transnationales des secteurs des banques, de l’énergie, de l’assurance, des télécommunications, des transports et de l’eau. Le SCFP conteste les objectifs du libre-échange de concert avec l’Internationale des services publics, le Conseil des Canadiens, le Réseau pour un commerce équitable et Common Frontiers.